Le SILA 2026 se referme sur des promesses pour l’avenir du livre
Le SILA 2026 se referme sur des promesses pour l’avenir du livre
Le rideau est tombé sur la 16e édition du Salon international du livre d’Abidjan (SILA), le samedi 2 mai 2026, au Parc des expositions d’Abidjan. Durant cinq jours, du 28 avril au 2 mai, les acteurs littéraires ce sont réunis autour du thème : « Lire pour bâtir ».
Cette édition 2026 restera gravée comme l’une des plus marquantes de l’histoire du SILA, notamment en raison de la présence exceptionnelle du Président de la République, Alassane Ouattara, et de la Première Dame, Dominique Ouattara, venus témoigner leur attachement au développement de la culture et de la lecture en Côte d’Ivoire.
Représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, le directeur de cabinet, Dr Hien Sié, a salué une édition “historique”, marquée par une mobilisation sans précédent des acteurs du livre et des autorités ivoiriennes.
« Durant cinq jours, notre pays a vécu au rythme du livre, de la lecture, de la pensée et de la création littéraire », a-t-il déclaré, soulignant que le thème « Lire pour bâtir » prend tout son sens dans un contexte où la lecture apparaît comme un levier essentiel de développement humain et social.
Selon lui, les visites du Chef de l’État et de la Première Dame ne doivent pas être perçues comme de simples actes protocolaires, mais comme « un signal fort et un engagement renouvelé de l’État en faveur de la culture, du livre et de la lecture ».
En parcourant les stands et en échangeant avec auteurs, éditeurs et jeunes lecteurs, le Président Alassane Ouattara a, selon Dr Hien Sié, consacré le livre comme « un outil stratégique de développement et d’édification des ressources humaines ». Sa présence a également contribué à rehausser le statut du livre et des acteurs de la chaîne littéraire dans la société ivoirienne.
La Première Dame Dominique Ouattara a, quant à elle, donné une dimension sociale et éducative à cette édition grâce à son engagement constant en faveur de l’éducation et de la protection de l’enfant. Son interaction avec les élèves et les jeunes lecteurs a suscité un véritable engouement autour du livre.
Dr Hien Sié a également salué la mise à l’honneur de la ville de Bouaké ainsi que la participation du Liban en qualité de pays invité d’honneur. Il a rendu hommage aux lauréats des distinctions littéraires nationales, notamment Maurice Bandaman, ancien ministre de la Culture et ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, récompensé par le Grand Prix national Bernard Dadié de littérature 2026 pour son œuvre Sœurs esclaves.
Prenant la parole au nom du Grand Chancelier de l’Ordre national et parrain du SILA, Ally Coulibaly, Mohammed Bamba a rappelé l’attachement profond de ce dernier au livre et à la lecture. Parrain de l’événement pour la troisième année consécutive, Ally Coulibaly considère la lecture comme une nécessité vitale.
Citant Victor Hugo, il a rappelé que « l’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas ». Il a félicité le commissariat général du SILA, conduit par Ange-Félix N’Dahri, pour la qualité de l’organisation et la montée en puissance constante du salon.
L’ambassadrice du Liban en Côte d’Ivoire, Magida Karaki, a pour sa part exprimé sa gratitude pour l’accueil réservé à son pays. Elle a indiqué que cette participation a permis de présenter « un Liban des lettres, des idées et du dialogue », au-delà de l’image commerciale souvent associée à la diaspora libanaise.
« Le livre est une passerelle et la culture un langage commun », a-t-elle affirmé, se réjouissant du renforcement des liens culturels entre le Liban et la Côte d’Ivoire.
Dans son rapport final, le directeur scientifique du SILA, Dr Paul-Hervé Agoubli, a dressé un bilan largement positif de cette 16e édition. Il a mis en avant plusieurs innovations majeures, notamment l’organisation du “Before SILA” à Bouaké, qui a permis de rapprocher davantage le salon des populations de l’intérieur du pays.
Le SILA 2026 a également été marqué par une programmation riche comprenant panels internationaux, masterclass, tables rondes, distinctions honorifiques à travers le SILA Legends, ainsi que la traditionnelle dictée SILA du Rotary.
Les chiffres témoignent de l’ampleur de l’événement : 200 000 visiteurs enregistrés, 125 exposants, 45 000 titres exposés, 60 000 ouvrages vendus et un chiffre d’affaires estimé à 200 millions de FCFA.
Fort de ce succès, le Commissariat général du SILA a annoncé la création de Sila Mag, un magazine littéraire trimestriel prévu pour décembre 2026, ainsi que le lancement du prix du “Livre de l’année”, qui permettra aux lecteurs de désigner l’œuvre la plus marquante de l’année.
Au terme de cette édition, le SILA confirme son statut de rendez-vous culturel majeur en Afrique francophone et réaffirme le rôle central du livre comme outil d’éducation, de dialogue et de transformation sociale.
Ousseni Sawadogo
