Korhogo / Élections 2025 : Les attentes des femmes envers le futur Président de la République
Korhogo / Élections 2025 : Les attentes des femmes envers le futur Président de la République
À l’approche du scrutin présidentiel du 25 octobre, les femmes du Poro sont en effervescence. Mobilisées, conscientes de leur poids démographique et politique, elles formulent des attentes claires vis-à-vis du futur Président de la République : autonomisation, emploi, sécurité et paix durable.
Dans la région du Poro, l’engouement est palpable. Sur les 368.868 électeurs inscrits, les femmes représentent une part importante.
Elles sont investies à 100% dans l’opération de retrait des cartes d’électeurs et dans la campagne électorale. De Korhogo à Sinématiali, en passant par M’bengué et Dikodougou, elles se mobilisent pour faire du 25 octobre un moment de citoyenneté exemplaire.
« Cette année, nous irons voter nombreuses. Nous voulons un président proche des femmes, surtout celles des zones rurales et des jeunes », déclare Aminata Kitiandjo, commerçante au grand marché de Korhogo.
Les femmes du Poro portent des attentes bien précises. Leur premier souhait est l’autonomisation économique. Elles demandent un accès facilité aux financements, à la formation professionnelle et à l’entrepreneuriat local. Elles appellent également à la création d’emplois, particulièrement pour les jeunes, souvent confrontés au chômage et à l’absence de perspectives.
« Nos filles ont besoin d’emplois stables. Beaucoup finissent par quitter le village pour des sites d’orpaillage illégal faute de perspectives », déplore Mariam Traoré, présidente d’une coopérative féminine à M’bengué.
Située aux portes du Sahel, la région du Poro demeure particulièrement vigilante en matière de sécurité. Les femmes insistent sur la nécessité de renforcer la présence de l’État et d’encourager des initiatives de cohésion communautaire. La paix et l’unité nationale représentent pour elles les bases du développement et du progrès.
« Nous voulons que le 25 octobre soit une fête de la démocratie. La Côte d’Ivoire a besoin de sérénité pour avancer », plaide Mariam Koné, responsable d’association féminine à Sinématiali.
« Nous voulons que le 25 octobre soit une fête de la démocratie. La Côte d’Ivoire a besoin de sérénité pour avancer », plaide Mariam Koné, responsable d’association féminine à Sinématiali.
La noix de cajou, culture phare de la région, reste également un enjeu majeur pour les femmes productrices. Elles réclament une revalorisation du prix du kilogramme, à l’image des récentes revalorisations du café et du cacao.
Cette mesure, selon dame Soro Angèle, contribuerait à améliorer le revenu des ménages et à soutenir les activités génératrices de revenus portées par les femmes, telles que la filière d’extraction du beurre de karité.
Dans tout le Poro, les femmes organisent causeries, forums et campagnes de sensibilisation. Leur objectif est de promouvoir la paix, la tolérance et de favoriser une participation massive des femmes au vote du 25 octobre 2025.
Cette mobilisation transcende les appartenances politiques et se concrétise par la création du forum des femmes de la région du Poro (FDF-RP), dirigé par Docteur Farah Soro épouse Coulibaly, Enseignante-chercheuse à l’Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo. Elles se veulent avant tout actrices de la cohésion sociale.
En filigrane, le message est sans ambiguïté : le futur Président devra être celui du développement partagé, de la justice sociale et du respect des engagements envers les populations du Nord, notamment des femmes.
« Nous attendons un président à l’écoute, un bâtisseur au service de tous », résume Blandine Yiélé, leader communautaire à Tengrela.
Achille Lah Kado Correspondant
