Gôh / Olibribouo : Les populations face à une pénurie chronique d’eau potable
Gôh / Olibribouo : Les populations face à une pénurie chronique d’eau potable
Les habitants du village d’Olibribouo, situé dans la sous-préfecture de Gnagbodougnoa, à environ 22 kilomètres de Gagnoa (sud-ouest de la Côte d’Ivoire), endurent depuis plusieurs années une grave pénurie d’eau potable. Une situation alarmante qui suscite inquiétude et appels pressants aux autorités.
Selon les populations, le village ne dispose pas d’infrastructures hydrauliques adaptées à ses besoins. Femmes, enfants et personnes âgées sont contraints de parcourir de longues distances chaque jour pour s’approvisionner en eau, s’exposant ainsi à de nombreux risques sanitaires et à une fatigue physique importante.
D’après le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2021, Olibribouo compte 1 673 habitants. Une population en constante croissance qui accentue davantage la pression sur les rares ressources en eau disponibles.
Les villageois rappellent qu’en 1981, à la suite de l’épidémie du ver de Guinée qui avait frappé la localité, le prêtre missionnaire Téa Labbé avait contribué à la réalisation d’un point d’eau. Près de 45 ans plus tard, cette infrastructure est largement dépassée par l’évolution démographique du village.
Témoignages poignants
Une enseignante du village, ayant requis l’anonymat, témoigne des difficultés quotidiennes :
« Nous avons des difficultés d’accès à l’eau potable. Nous sommes obligés d’acheter des packs d’eau en boutique pour boire. Pour les besoins domestiques, nous récupérons l’eau de pluie quand c’est possible. »
M. Zagol Babou, habitant, lance un appel clair :
« L’eau est devenue une souffrance quotidienne pour nos familles. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide avec des pompes hydrauliques modernes ou un château d’eau. »
Mme Adji Sofie évoque quant à elle le poids qui pèse particulièrement sur les femmes et les enfants :
« Très tôt le matin, nous marchons plusieurs kilomètres pour chercher de l’eau. Cela nous fatigue énormément. Nous souhaitons que les autorités pensent enfin à notre village. »
M. Sorokobi Keakehi renchérit :
« Pendant la saison sèche, la situation empire. Certaines familles passent plusieurs heures avant de trouver de l’eau. Nous avons vraiment besoin d’un appui urgent. »
Impact sur l’éducation et le développement
Mme Gnagri Solange déplore les conséquences sur les enfants :
« Nos enfants arrivent parfois en retard à l’école parce qu’ils doivent aider leurs parents à chercher de l’eau. Cette situation impacte toute la vie du village. »
M. Adji Charles, président de la jeunesse, ajoute :
« Le manque d’eau potable constitue un véritable frein au développement de notre village. La jeunesse d’Olibribouo est très préoccupée et appelle les autorités à agir rapidement. »
Autres besoins criants
Au-delà de l’eau, les populations plaident pour la construction d’un marché moderne. Actuellement, les commerçantes vendent dans des conditions précaires, exposées au soleil et aux intempéries.
« Nos mamans vendent souvent sous la pluie et sous un soleil de plomb. Un marché moderne améliorerait leurs conditions de travail et protégerait leurs marchandises », explique Mme Gnahoré Pauline, commerçante.
Mme Lotchi Djahi Chantal, vice-présidente des associations des femmes, dresse un tableau plus large des difficultés :
« Nous les femmes vivons un véritable calvaire : manque d’eau potable, centre de santé non clôturé, absence de logement pour le médecin-chef et hôpital qui manque également d’eau. »
Les habitants d’Olibribouo considèrent l’accès à l’eau potable et la construction d’un marché moderne comme des priorités essentielles pour leur développement socioéconomique. Ils lancent un appel urgent aux autorités administratives, aux élus locaux et aux partenaires au développement afin d’apporter des solutions durables et d’améliorer les conditions de vie de la population.
DJACK ZOLA, envoyé spécial
