Ouangolodougou : Le théâtre, instrument de paix et de cohésion dans les zones frontalières du Nord
Ouangolodougou : Le théâtre, instrument de paix et de cohésion dans les zones frontalières du Nord
La culture s’est invitée au service de la paix et de la cohésion sociale, le jeudi 16 octobre 2025, à Kaouara, localité frontalière du département de Ouangolodougou, dans la région du Tchologo.
Le Club d’Animation Culturelle Kassinibin (CACK) y a organisé une grande représentation théâtrale visant à sensibiliser les populations sur le vivre-ensemble et la solidarité, dans un contexte marqué par des tensions communautaires et des défis sécuritaires aux frontières.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de Coopération Transfrontalière Locale (PCTL) – phase 2, financé par la Coopération suisse et l’UEMOA, et mis en œuvre par le Conseil des collectivités territoriales de l’UEMOA (CCT-UEMOA) et l’Union transfrontalière des collectivités territoriales de l’espace Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso (UTCTE-SKBo).
L’objectif : renforcer les liens entre les communautés ivoiriennes et maliennes à travers la culture, en prônant le dialogue, la tolérance et la coopération.
Sur la place publique de Kaouara, transformée pour l’occasion en scène vivante, les acteurs du CACK ont présenté plusieurs sketchs inspirés du quotidien des populations frontalières. Par le rire, la satire et l’émotion, ils ont dénoncé les comportements qui nourrissent la division, tout en prônant la solidarité et la compréhension mutuelle comme remparts contre l’insécurité.
« Le théâtre touche tout le monde, même ceux qui ne savent ni lire ni écrire. En utilisant le langage populaire, nous faisons passer le message de la paix d’une manière simple et accessible », a expliqué Coulibaly Zana Ali, président du CACK.
Pour lui, cette approche culturelle constitue une manière directe et efficace d’éveiller les consciences, tout en favorisant la collaboration entre les populations et les forces de défense et de sécurité.
« Nos frontières ne doivent pas être des murs, mais des ponts qui unissent les peuples », a-t-il ajouté, remerciant les partenaires techniques et financiers pour leur soutien.
Le sous-préfet de Kaouara, Gouly Franck, a salué cette initiative, la qualifiant de modèle de mobilisation communautaire.
Selon lui, « la paix ne se décrète pas, elle se construit chaque jour à travers le dialogue, la tolérance et l’unité ». Il a exhorté les partenaires à étendre ce type de projets au-delà de l’espace SKBo.
De son côté, l’adjudant-chef Brou Patrice, représentant le commandant de la brigade de gendarmerie de Ouangolodougou, a encouragé les populations à collaborer davantage avec les forces de sécurité et à signaler toute activité suspecte, afin de préserver la stabilité dans la région.
Le secrétaire permanent de l’UTCTE-SKBo, Issoufou Yao, a quant à lui rappelé le rôle central de son organisation, qu’il décrit comme « un instrument de proximité au service de la coopération et de l’intégration régionale ».
Il a salué le soutien de l’UEMOA et de la Confédération suisse, dont les appuis ont permis de financer plusieurs projets culturels, artistiques et artisanaux dans les zones frontalières.
L’événement, placé sous le signe du vivre-ensemble sans frontière, a également enregistré la participation de la communauté burkinabè de Kaouara, venue témoigner de sa solidarité.
Dans un contexte où persistent parfois des tensions intercommunautaires entre Sénoufos, Lobi, Moré et Malinkés, le théâtre s’est imposé comme un outil efficace de réconciliation et de cohésion.
En présence des représentants du Conseil régional du Tchologo, de la mutuelle des cadres de Kaouara et des autorités locales, tous ont réaffirmé un même message : la paix n’a pas de frontière, elle se construit ensemble.
ACHILE LAH KADO
