Korhogo : Pascal Nembelessini-Silué réélu à la tête de l'Interprofession Mangue de Côte d'Ivoire
Korhogo : Pascal Nembelessini-Silué réélu à la tête de l'Interprofession Mangue de Côte d'Ivoire
Les acteurs de la filière mangue de Côte d'Ivoire, réunis en Assemblée Générale Ordinaire le 13 novembre 2025 à Korhogo, dans le nord du pays, ont reconduit Monsieur Pascal Nembelessini-Silué au poste de Président du Conseil d’Administration de l’Interprofession Mangue (Inter-Mangue). Cette élection intervient à quelques mois de l’ouverture de la prochaine campagne commerciale.
Nembelessini-Silué dirigera ainsi l'Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) de la mangue pour un nouveau mandat de trois ans, renouvelable.
Une filière stratégique face aux défis
La mangue ivoirienne occupe une place de choix sur le marché international. La Côte d’Ivoire est actuellement le 3ᵉ exportateur mondial de mangues vers le marché européen et le 1ᵉʳ exportateur africain sur ce même marché.
Approché à l’issue de son élection, Pascal Nembelessini-Silué a dressé les grandes lignes de son programme qui s'articule autour de quatre axes majeurs :
1. Structuration et Formation des Acteurs
« L’Inter-Mangue se porte bien. Elle vient de naître et a besoin d'être structurée », a-t-il déclaré. « Il faut consolider nos acquis et former nos acteurs (producteurs, commerçants et transformateurs) pour qu'ils deviennent de véritables entrepreneurs. Notre vision est que chaque maillon de la chaîne soit rentable. »
2. Lutte Contre les Ravageurs et Veille Stratégique
Le président identifie la lutte contre les maladies et les ravageurs, notamment la mouche des fruits, comme un défi majeur.
« Un service technique est mis en place. Nous veillerons à l'application rigoureuse des protocoles de traitement pour entretenir les vergers selon les normes. Une application correcte et opportune des produits garantit de bons rendements et une campagne commerciale réussie. »
Il a également souligné la suspension des exportations du Mali vers le marché européen et la nécessité d’une veille stratégique face à la menace d'embargo de l'Union européenne qui pèse sur la filière mangue de Côte d’Ivoire et les pays exportateurs de la sous-région.
3. Appui de l’État et Autonomisation des Producteurs
M. SILUE a insisté sur le soutien indispensable de l'État et des programmes nationaux de développement, tels que le Projet de Chaînes de Valeur Compétitives pour l’Emploi et la Transformation économiques (PCCET) et le Projet de Pôle Agro-Industriel dans le Nord (2PAI-NORD), notamment pour la mise à disposition des kits de traitement contre les mouches des fruits.
« Mais une chose est d'avoir les kits, une autre est de savoir les appliquer. Notre objectif est que le producteur puisse à terme s'offrir lui-même ces kits et assurer sa propre rentabilité et autonomie. »
4. Extension de la Campagne et Diversification des Marchés
Une ambition forte du mandat est d'étendre la période de production et de commercialisation.
« Nous voulons que la campagne commerciale, actuellement d’environ deux mois, passe à quatre ou cinq mois. Il faut aussi diversifier nos débouchés au-delà du marché européen, où nous écoulons 95% de notre production.
En développant la transformation et en visant les marchés de la sous-région, nous nous protégerons du risque d'embargo. Notre but est de produire plus de mangues de qualité et de diversifier les marchés pour que tout le monde y gagne. »
Le président a conclu son propos par un appel solennel à la cohésion de tous les acteurs de la filière : « Nous voulons un collectivisme efficace, appuyé par l'union au sein de l'interprofession. C'est cette cohésion qui déterminera la réussite de notre mandat et assurera le bien-être de tous. »
Aly OUATTARA
