Bondoukou : Les OSC et les journalistes formés sur la migration irrégulière dans le cadre du projet OUESTAF
Bondoukou : Les OSC et les journalistes formés sur la migration irrégulière dans le cadre du projet OUESTAF
En collaboration avec WILDAF-AO et WeWorld, avec l’appui financier de l’Union européenne à travers le Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD), le WiDAF Côte d’Ivoire a organisé, le samedi 14 février dernier à Bondoukou, une formation visant à renforcer les capacités des acteurs des organisations de la société civile et des organisations communautaires de base (OSC/OCB), ainsi que des journalistes, blogueurs et influenceurs.
Cet atelier de renforcement des capacités a pour objectif de favoriser leur implication active, coordonnée et durable dans les campagnes d’information et de sensibilisation sur la migration. Il s’inscrit dans le cadre du projet OUESTAF, intitulé « Parcours régionaux pour la prévention de la migration irrégulière, la lutte contre le trafic des migrants, la traite des êtres humains et la protection des femmes et des jeunes en situation irrégulière en Afrique de l’Ouest, y compris dans la sous-région du Sahel ».
À cette occasion, Fadika Massoga, chargée de programme au sein du réseau WiDAF Côte d’Ivoire, a exhorté les journalistes et blogueurs à jouer pleinement leur rôle.
« Ils sont des acteurs clés de la sensibilisation et de la lutte contre la désinformation. Nous souhaitons les soutenir afin qu’ils deviennent des vecteurs de changement, notamment auprès des jeunes très présents sur les réseaux sociaux », a-t-elle souligné, tout en insistant sur leur rôle de sentinelles pour contrer les fake news et la désinformation qui poussent certains jeunes vers des routes migratoires dangereuses.
La chargée de programme a également rappelé le cadre légal encadrant la migration, en mettant l’accent sur la connaissance du droit national et international.
« Le migrant, même en situation irrégulière, conserve des droits humains fondamentaux et inaliénables », a-t-elle précisé.
Elle a ajouté qu’en Côte d'Ivoire, des structures telles que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le CNRTP ou encore les cellules régionales sont disponibles pour orienter et conseiller les candidats à la migration sur les procédures officielles, afin d’éviter qu’ils ne tombent entre les mains de passeurs ou de trafiquants.
Pour sa part, Abderamane Cissé, expert en migration et facilitateur du projet OUESTAF, a indiqué que la formation s’articulait autour de quatre modules essentiels, couvrant notamment la dimension juridique (cadre légal et réglementaire de la protection des droits des migrants) ainsi que des outils pratiques destinés aux blogueurs et aux journalistes.
« L’objectif est de leur permettre de produire des contenus de qualité afin de mieux sensibiliser les parties prenantes, en particulier la communauté migrante. Nous avons constaté une méconnaissance des textes de base chez les professionnels des médias et au sein des communautés. Cet atelier arrive donc à point nommé pour renforcer les capacités des journalistes et des acteurs de la société civile », a-t-il affirmé.
La stratégie repose sur une collaboration étroite entre les organisations de la société civile et les professionnels de l’information, afin de créer un front commun de sensibilisation dans les zones à forte migration telles que Bondoukou, Odienné et Korhogo.
Après l’étape de la capitale du Gontougo, les organisateurs du projet OUESTAF mettront le cap sur la région de la Bagoué, notamment à Odienné.
Patrick KROU
