Transport routier : seize ans après son élaboration, la convention collective attend toujours sa signature

Transport routier : seize ans après son élaboration, la convention collective attend toujours sa signature

02/10/2025 - 09:39
Transport routier : seize ans après son élaboration, la convention collective attend toujours sa signature
Transport routier : seize ans après son élaboration, la convention collective attend toujours sa signature

En Côte d’Ivoire, la convention collective interprofessionnelle des conducteurs routiers, élaborée en 2009 les ministères du transport, de l’emploi, et de l’artisanat, n’a toujours pas été signée.

Réunis à Abidjan lors d’une journée d’études organisée par l’ITF, la Fédération internationale des ouvriers du transport, syndicats et partenaires appellent à l’adoption de ce texte, jugé essentiel pour améliorer les conditions de vie des chauffeurs et professionnaliser le secteur miné par la précarité et les accidents de circulation.

« Il nous faut coûte que coûte la signature de cette convention », insiste Bamba Daouda, secrétaire exécutif de l’Union des Conducteurs Routiers de l’Afrique de l’Ouest. Pour lui, seize ans d’attente ont déjà fragilisé une profession minée par la précarité.

Depuis 2009, le texte qui devait encadrer les conditions de travail des conducteurs reste sans suite, malgré l’implication initiale de trois ministères : l’Emploi, le Transport et l’Artisanat.

Selon les intervenants, la non- signature de cette convention prive les conducteurs de droits fondamentaux : salaires fixes, déclarations à la caisse nationale de prévoyance sociale, congés, repos et couverture sociale. 

« Aujourd’hui, les conducteurs routiers travaillent sous pression, dans le stress sans salaire, cette précarité pousse certains à l’excès de vitesse ou à l’usage de stimulants », poursuit Bamba Daouda.

Selon l’Office de la sécurité routière, les accidents représentent 7 % du PIB du pays.Au-delà du constat, les syndicats préviennent : ils envisagent de durcir leur mouvement après l’élection présidentielle d’octobre 2025.

En attendant, ils affirment privilégier le dialogue et le plaidoyer. « Nous allons mettre en place un comité qui engagera des actions syndicales fortes si rien n’est fait », prévient Bamba Daouda.

L’ITF, organisation internationale regroupant 740 syndicats dans 150 pays, accompagne ce plaidoyer. Pour Bayla Sow, secrétaire régional adjoint de l’ITF Afrique, la Côte d’Ivoire accuse un retard par rapport à ses voisins. « Au Burkina Faso, au Mali ou au Niger, les conventions sont déjà signées et appliquées.

Les chauffeurs y bénéficient de sécurité sociale et de meilleures conditions de travail. La Côte d’Ivoire, qui a pourtant porté ce projet au départ, doit aujourd’hui rattraper ce retard », explique-t-il.

Syndicats locaux et partenaires internationaux espèrent désormais convaincre les autorités et le patronat de franchir ce cap. Avec un objectif clair : transformer un métier précaire en profession reconnue, et réduire durablement l’insécurité routière.

Ami Korobara