Soubré : Un prix du cacao attractif, mais des ventes au ralenti

Soubré : Un prix du cacao attractif, mais des ventes au ralenti

18/10/2025 - 19:33
Soubré : Un prix du cacao attractif, mais des ventes au ralenti
Soubré : Un prix du cacao attractif, mais des ventes au ralenti

Fixé à 2 800 francs CFA le kilogramme depuis le 1er octobre, le prix du cacao suscite l’espoir dans la région de la Nawa. Pourtant, à Soubré et dans ses environs, les producteurs peinent à écouler leurs récoltes. La filière est en difficulté, et l’inquiétude monte chez les acteurs du secteur.

Malgré un prix d’achat jugé attractif

 — 2 800 francs CFA le kilogramme depuis le 1er octobre

— les producteurs de cacao de la région de la Nawa, notamment dans la commune et la sous-préfecture de Soubré, peinent à vendre leurs récoltes. Sur le terrain, la frustration est palpable.

Lors de récentes tournées dans plusieurs localités de la zone, les témoignages recueillis traduisent un profond désarroi.

« Nous n’arrivons pas à vendre nos produits. Même en passant par les dépôts-vente, il n’y a personne pour acheter », déplore M. Folba D., producteur à Soubré.

Une situation qui a des conséquences directes sur la vie des familles. « Savez-vous que jusqu’à présent, nous n’avons pas pu acheter les fournitures scolaires de nos enfants ? », confie M. Konaté K., lui aussi producteur.

Le blocage semble venir des circuits d’achat, notamment dans les magasins centraux où les collecteurs — intermédiaires entre producteurs et acheteurs — rencontrent d’importantes difficultés.

« Je suis allé avec 5 tonnes de cacao au magasin central. Ils n’en ont pris qu’une seule. J’ai dû retourner avec les 4 tonnes restantes », raconte M. Koné V., collecteur.

Même scénario chez M. Ouermy B. : « J’ai convoyé 24 tonnes. On ne m’a acheté que 3 tonnes. Les 21 autres sont stockées chez moi, en attendant que la situation se débloque. »

Un autre producteur, visiblement amer, ironise : « Nos domiciles sont devenus de véritables magasins de stockage. »

Ce paradoxe

— un bon prix, mais aucun débouché 

— alimente de nombreuses interrogations dans la région. Plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités compétentes : à quoi bon fixer un prix d’achat si les producteurs ne peuvent pas écouler leur cacao ?

Derrière ce blocage logistique et commercial, c’est toute une économie locale qui est en train de vaciller. Une crise silencieuse pourrait bien éclater si des mesures urgentes ne sont pas prises.

 

B. TISY (Correspondant local)