Ouragahio : Des prières dans les écoles publiques suscitent un vif débat au sein de la population
Ouragahio : Des prières dans les écoles publiques suscitent un vif débat au sein de la population
Les établissements scolaires publics de la localité d’Ouragahio sont, depuis quelque temps, le théâtre de rassemblements religieux.
Chaque dimanche matin, et parfois même les soirs de semaine, des fidèles se retrouvent dans les cours d’école pour prier, chanter et communier autour de leur foi. Une initiative à visée spirituelle qui, cependant, divise profondément les habitants.
Dès les premières heures du dimanche, les écoles publiques se transforment en lieux de culte improvisés. Des groupes religieux y organisent des prières collectives censées « renforcer la foi et la cohésion communautaire ».
« C’est une belle occasion de rassembler les habitants autour de la foi, surtout en ces temps incertains », explique un pasteur rencontré sur place, préférant garder l’anonymat.
Mais si certains saluent une initiative jugée bénéfique pour la communauté, d’autres dénoncent une utilisation inappropriée des établissements scolaires.
« Je comprends l’importance de la prière, mais l’occupation prolongée de l’école cause un grand trouble.
Les enfants ne peuvent pas suivre leurs cours correctement, et cela perturbe aussi le voisinage par le bruit et le va-et-vient », regrette Mme Kouadio, riveraine d’un établissement.
« Les églises devraient construire leurs propres lieux de culte et laisser les écoles à leur vocation première. »
Face à ces critiques, des habitants défendent au contraire une pratique qui, selon eux, apporte plus de bien que de mal.
« Ces prières apportent de la paix et de la sérénité dans notre quartier. L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage, c’est aussi un espace communautaire », soutient M. Diomandé, fidèle régulier de ces séances spirituelles.
Les responsables scolaires, eux, se montrent prudents. L’un d’eux, joint par notre rédaction, indique : « Nous respectons la liberté de culte et la diversité religieuse. Toutefois, il est impératif que ces activités ne perturbent pas le déroulement des cours ni la sécurité des élèves. »
Au-delà du cas d’Ouragahio, cette situation relance un débat plus vaste sur l’usage des infrastructures publiques à des fins religieuses.
Faut-il permettre à la foi d’occuper les espaces scolaires en dehors des heures de classe ? Ou faut-il préserver la neutralité stricte de l’école publique ?
En attendant une position officielle des autorités éducatives, la question continue d’alimenter les discussions dans les quartiers d’Ouragahio, où foi et éducation semblent aujourd’hui se partager un même espace, non sans frictions.
DJACK ZOLA
