Man : L’ONG CLICCI lance le projet « Mon fils, ma fille reste ici » pour freiner l’immigration clandestine
Man : L’ONG CLICCI lance le projet « Mon fils, ma fille reste ici » pour freiner l’immigration clandestine
Dans la ville de Man, le samedi 13 septembre 2025, un vent d’espoir a soufflé sur les collines verdoyantes de la capitale du Tonkpi. Sous un ciel lourd de promesses, le Collectif pour la lutte contre l’immigration clandestine en Côte d’Ivoire (CLICCI) a officiellement lancé son ambitieux projet intitulé « Mon fils, ma fille reste ici », une initiative citoyenne qui place les parents et communautés au cœur de la prévention contre ce fléau qui déchire des familles entières.
Chaque année, malgré les campagnes d’information, des jeunes quittent en silence leurs villages et quartiers pour s’aventurer sur la route périlleuse de la migration clandestine. Derrière ces départs se cache bien souvent l’encouragement implicite ou explicite de parents, principalement des mères, persuadées que l’Europe reste l’unique terre de réussite pour leurs enfants.
Malheureusement, ce rêve se termine trop souvent en tragédie : naufrages, disparitions, humiliations dans les pays de transit, ou retour amer sans lendemain. C’est à ce constat glaçant que le projet « Mon fils, ma fille reste ici » veut répondre.
L’objectif est clair : réduire l’immigration clandestine en faisant des communautés de véritables actrices du changement. L’ONG prévoit de les sensibiliser aux dangers de ces voyages illégaux, de les former sur les conséquences religieuses, financières et sociales, mais aussi de mettre en place des comités de veille et des émissions radiophoniques où des témoignages poignants seront partagés, allant des mères de migrants disparus à celles dont les enfants sont encore en route vers l’inconnu.
Pour Flindé Kla Jean-Marie, président fondateur du CLICCI, cette lutte est d’abord une question de dignité et de conscience collective.« L’immigration clandestine n’est pas seulement une affaire de frontières ou d’État.
C’est une affaire de solidarité, de dialogue et d’actions concertées. Nous devons tous nous lever pour dire à nos enfants que l’Eldorado n’est pas forcément en Europe, il peut être ici, chez nous, en Côte d’Ivoire », a-t-il lancé avec émotion, en partageant sa propre expérience vécue en Italie, au contact direct des migrants dans les camps d’accueil.
Ce jeune juriste en droit international de l’immigration raconte avoir vu de ses propres yeux la détresse des Ivoiriens débarqués sur les côtes européennes. Cette expérience l’a marqué au point de rentrer au pays pour bâtir une réponse concrète.
« J’ai décidé de revenir après le Master en droit international de l’immigration et droit des apatrides, pour bâtir quelque chose de nouveau. J’appelle aujourd’hui les chefs, les jeunes et toutes les forces vives à prendre conscience que l’Europe d’avant n’est plus celle d’aujourd’hui.
Ce chemin mène trop souvent à la désillusion », a-t-il ajouté, visiblement ému. « Ce projet n’est pas une solution miracle mais un signal fort. Il dit que Man refuse de se résigner.
Il dit que l’Ouest veut protéger ses enfants. Il dit que la Côte d’Ivoire peut inventer une réponse communautaire à un défi global. C’est une ambition que nous chérissons tout en nous inscrivant dans la vision du President de la République Alassane OUATTARA ainsi que des efforts faits par le Gouvernement ivoirien », a-t-il poursuivi.
Le thème retenu pour ce lancement, « L’immigration clandestine : quelles responsabilités communautaires face à l’exode des jeunes ? », a donné lieu à une conférence animée par le Dr Kéhi Franck. Celui-ci a mis en lumière les causes profondes de ce phénomène, notamment la quête d’un bonheur « occidental » véhiculé par les réseaux sociaux, le rêve de gloire dans le football, mais aussi le manque d’opportunités locales et d’encadrement pour les jeunes.
Il a exhorté les participants à privilégier des voies légales et sûres pour voyager, tout en œuvrant à construire un avenir meilleur sur place. Le ministre-gouverneur du district autonome des Montagnes, Flindé Albert, parrain de l’événement, a salué la naissance de ce collectif porté par un jeune fils du terroir.« Cette initiative est non seulement pertinente, mais elle est aussi d’actualité.
Man et ses environs figurent parmi les zones qui produisent de nombreux candidats à l’immigration clandestine. C’est pourquoi nous avons décidé d’accompagner le CLICCI dans ses actions de sensibilisation, pour que cette lutte soit intégrée dans nos programmes de développement », a-t-il affirmé devant une assemblée composée de leaders communautaires, de responsables religieux, de chefs coutumiers, de femmes leaders et de jeunes venus nombreux. Cette cérémonie, premier acte officiel du projet, a marqué un tournant.
Pendant les six prochains mois, le CLICCI déploiera des activités de proximité, allant des sessions de formation aux mères à la création de comités d’alerte dans les quartiers, en passant par la diffusion d’émissions radiophoniques pour toucher les villages les plus reculés. Le message est clair : lutter contre l’immigration clandestine est l’affaire de tous.
Chaque parent, chaque chef de communauté, chaque jeune peut devenir un rempart contre ce phénomène qui prive la Côte d’Ivoire de ses forces vives. « Nous ne voulons plus voir nos enfants périr dans la Méditerranée ou vivre l’enfer dans des pays étrangers.
L’avenir peut se construire ici, avec nos propres mains », a conclu Flindé Jean-Marie, déclenchant une salve d’applaudissements et des visages remplis d’espoir. Avec ce lancement, Man envoie un signal fort : la migration illégale n’est pas une fatalité, et le combat pour la retenir commence au sein même des familles, là où naissent les rêves, mais aussi les choix décisifs.
Cette activité s'est tenue en présence des autorités notamment le deuxieme adjoint au maire et la représentante du préfet de région, préfet du département de Man.
Momo Rachid
