Korhogo : Un chauffeur de moto-taxi grièvement blessé, un agresseur condamné à 20 ans de prison
Korhogo : Un chauffeur de moto-taxi grièvement blessé, un agresseur condamné à 20 ans de prison
L’agression sauvage dont a été victime S. Ibrahima, chauffeur de moto-taxi, continue de choquer les habitants de Korhogo. Attaqué à la machette en décembre 2025, il a miraculeusement survécu. L’un de ses agresseurs a été condamné à 20 ans d’emprisonnement ferme, tandis que son complice demeure en fuite.
Le mercredi 3 décembre 2025, aux environs de 13 heures, S. Ibrahima est sollicité près du collège Sakanoko, au Nouveau Quartier. Un homme transportant un pack d’eau lui propose une course aller-retour vers un chantier situé sur l’axe Korhogo–Kapélé, moyennant 1.000 FCFA.
Rien ne laisse présager le drame. Pourtant, durant le trajet, le client multiplie les appels téléphoniques, s’exprimant tour à tour en peuhl et en malinké. Le conducteur, peu méfiant, poursuit la course.
Après avoir franchi la barrière des chasseurs Dozo, le passager demande d’emprunter une piste menant vers une ferme isolée, en chantier et sans présence humaine. Sur place, il descend de la moto, remet le pack d’eau et demande au chauffeur de patienter.
C’est alors que la situation bascule.
Se retournant, S. Ibrahima aperçoit une machette soigneusement dissimulée dans le sac de son client. L’homme passe brusquement à l’attaque. Une violente altercation éclate. Dans la confusion, un second individu surgit des broussailles pour prêter main-forte à l’agresseur.
Pris au piège, le chauffeur supplie ses assaillants d’emporter son engin et de lui laisser la vie sauve. Mais les deux hommes, craignant d’être identifiés, refusent toute négociation et s’acharnent sur lui.
Dans un ultime sursaut, la victime parvient à s’enfuir. Épuisé, il trébuche et tombe. Ses agresseurs le rattrapent et lui assènent plusieurs coups de machette, lui sectionnant presque l’oreille gauche. Gravement blessé et ensanglanté, il réussit néanmoins à s’éloigner.
Les malfaiteurs s’emparent alors de la moto abandonnée et prennent la fuite.
Le salut de S. Ibrahima viendra d’un passant qui le découvre dans une mare de sang et le transporte en urgence au Centre hospitalier régional. Pris en charge à temps, il échappe à la mort, mais conserve d’importantes séquelles.
Alertée, la police ouvre une enquête pour retrouver les auteurs de cette tentative d’assassinat.
Le 3 février 2026, exploitant des renseignements, la Brigade anti-criminalité interpelle Dicko Ali, 21 ans, de nationalité burkinabè, se présentant comme éleveur à Waraniéné, localité proche de la ville.
Après avoir tenté de nier les faits, le suspect finit par reconnaître sa participation, indiquant avoir agi avec un compatriote, Barri Dramane, toujours recherché.
Déféré devant le parquet puis jugé le 10 février 2026, Dicko Ali est condamné à 20 ans d’emprisonnement ferme. Les investigations se poursuivent pour mettre la main sur son complice.
Encore marqué par cette agression, S. Ibrahima appelle les conducteurs de moto-taxis et les usagers à faire preuve d’une vigilance accrue, notamment sur les axes isolés.
Cette affaire remet en lumière les risques encourus par les acteurs du transport à deux roues, très répandu dans les régions du Nord, et ravive les inquiétudes sécuritaires au sein de la population.
David Koné
