Fonction publique : L’État traque les faux diplômes et réaffirme la transparence des concours

Fonction publique : L’État traque les faux diplômes et réaffirme la transparence des concours

05/03/2026 - 21:32
Fonction publique : L’État traque les faux diplômes et réaffirme la transparence des concours
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Fonction publique : L’État traque les faux diplômes et réaffirme la transparence des concours
Fonction publique : L’État traque les faux diplômes et réaffirme la transparence des concours
Fonction publique : L’État traque les faux diplômes et réaffirme la transparence des concours

Dans un pays où les concours administratifs représentent l’un des principaux espoirs d’insertion professionnelle pour des milliers de jeunes diplômés, la question de la transparence et de la crédibilité du système demeure cruciale.

Face aux rumeurs persistantes sur les réseaux sociaux et aux inquiétudes de nombreux candidats en attente d’affectation, le ministère d’État, ministère de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration a décidé de faire toute la lumière sur la situation.

Ce jeudi 5 mars 2026, au hall du bâtiment principal du ministère à Abidjan-Plateau, le Directeur général de la Fonction publique, Soro Gninagafol, a animé une conférence de presse pour expliquer les mécanismes d’organisation des concours administratifs et surtout dénoncer un phénomène préoccupant : la circulation de faux diplômes. C'était dans le cadre de tout savoir sur la Fonction publique.

Un système de concours encadré et structuré

D’entrée, le Directeur général a tenu à rappeler que les concours administratifs constituent un pilier essentiel du recrutement des agents de l’État. Organisés chaque année par la Direction des concours, ils visent à renforcer les effectifs de l’administration et à promouvoir les fonctionnaires en activité.

« Les concours administratifs permettent soit de recruter de nouveaux fonctionnaires, soit d’assurer la promotion des agents déjà en service », a expliqué Soro Gninagafol.

Ainsi, deux grandes catégories structurent ces concours : les concours de recrutement nouveau, ouverts aux candidats extérieurs à l’administration, et les concours de promotion destinés aux fonctionnaires souhaitant accéder à des grades supérieurs.

Selon les chiffres présentés, 590 concours administratifs ont été ouverts au titre de la session 2025, dont 213 concours de recrutement nouveau et 377 concours de promotion.

Plus de 48 000 admis en 2025

Les statistiques dévoilées lors de cette rencontre avec la presse témoignent de l’ampleur du dispositif. Sur 142 863 candidats enregistrés en 2025, 48 353 ont été déclarés admis, soit près d’un candidat sur trois.

Dans le détail, 25 259 admis concernent les recrutements nouveaux, tandis que 23 094 relèvent des concours de promotion.

La répartition par genre montre également une participation relativement équilibrée : 23 652 femmes (48,92 %) contre 24 701 hommes (51,08 %).

Toutefois, certains concours restent peu attractifs. Au total, 55 concours n’ont enregistré aucune candidature, laissant 343 postes vacants, tandis que 31 concours n’ont produit aucun admis, malgré la disponibilité de 375 postes.

La menace persistante des faux diplômes

Mais le point central de cette conférence de presse concernait un phénomène qui fragilise la crédibilité du système : la fabrication et l’utilisation de faux diplômes.

 

« Nous avons constaté malheureusement qu’il y a parmi nos frères et nos sœurs des personnes qui s’adonnent à la fabrication de diplômes. Ce sont de faux diplômes qui n’apparaissent pas dans les fichiers des structures censées les avoir délivrés », a dénoncé Soro Gninagafol.

Pour faire face à cette situation, l’administration procède désormais à une authentification systématique des diplômes auprès des universités, écoles et instituts mentionnés par les candidats.

Les chiffres révélés donnent la mesure du phénomène.

En 2022, sur 8 122 diplômes vérifiés, 208 se sont révélés faux.

En 2023, sur 815 diplômes contrôlés, 380 faux diplômes ont été identifiés.

En 2024, 119 faux diplômes ont été confirmés sur 7 732 vérifications.

Au total, 707 faux diplômes ont été recensés en trois ans.

Zéro affectation sans diplôme authentifié

Face à cette situation, le ministère applique désormais une règle stricte : aucun candidat admis ne peut être affecté tant que son diplôme n’a pas été authentifié.

« L’instruction que nous avons reçue est claire : on n’affecte pas quelqu’un tant qu’on n’a pas la certitude que son diplôme est authentique », a insisté le Directeur général.

Il a également indiqué que le procureur de la République a été saisi afin d’identifier et démanteler les réseaux impliqués dans la fabrication de faux diplômes.

“On ne paie pas pour réussir un concours”

En conclusion, Soro Gninagafol a tenu à rassurer les candidats et l’opinion publique sur l’intégrité du système.

« Les concours de la fonction publique sont organisés en toute transparence. On ne paie pas de concours pour être admis », a-t-il martelé.

À travers ces contrôles renforcés et les procédures judiciaires engagées contre les faussaires, l’État ivoirien entend assainir durablement le système et garantir que seuls les candidats réellement méritants intègrent l’administration publique.

 

Josué Koffi