Filière café-cacao : Tensions autour des paiements dans le Loh-Djiboua et le Gôh

Filière café-cacao : Tensions autour des paiements dans le Loh-Djiboua et le Gôh

30/11/2025 - 18:54
Filière café-cacao : Tensions autour des paiements dans le Loh-Djiboua et le Gôh
Filière café-cacao : Tensions autour des paiements dans le Loh-Djiboua et le Gôh
Filière café-cacao : Tensions autour des paiements dans le Loh-Djiboua et le Gôh
Filière café-cacao : Tensions autour des paiements dans le Loh-Djiboua et le Gôh
Filière café-cacao : Tensions autour des paiements dans le Loh-Djiboua et le Gôh

Dans les villages et plantations des régions du Loh-Djiboua et du Gôh, producteurs, acheteurs et agents de conseil agricole se mobilisent pour dénoncer les retards de paiement, parfois d’un à deux mois, après la livraison du café et du cacao.

L’équipe du reportage est allée à la rencontre des différents acteurs pour comprendre les défis qui secouent la filière.

Des producteurs fortement impactés

M. Gnadja Djatchi Frank, producteur de trois hectares de cacao, raconte : « Nous livrons nos produits dans les règles, mais nous attendons parfois plus de huit semaines pour être payés. Nous voulons simplement recevoir notre argent au moment de la vente. »

M. Zaro Nicodème, producteur de 15 hectares à Krogbopa, souligne : « Chaque mois de retard pèse lourd sur nos finances et sur notre capacité à entretenir nos plantations. »

M. Gnagbo Ferdinand, producteur de 17 hectares à Baboué, renchérit : « Nous avons besoin d’un système fiable pour recevoir notre argent au moment de la vente et continuer à investir dans nos plantations. »

Acheteurs et employés confrontés à des obstacles

M. Karime, employé de M. Dadi, témoigne : « Quand je vends la production de mon patron, c’est difficile de recevoir l’argent. »

À Baboué, M. Lasso, acheteur, regrette : « Je n’ai pas encore reçu l’outil qui me permet d’acheter le cacao des détenteurs de cartes. Cela bloque tout le monde. »

À Ouragahio, un autre acheteur précis : « J’ai été formé et j’ai reçu un outil pour transférer l’argent directement sur la carte du producteur. Je respecte ainsi les consignes du Conseil café-cacao, mais il reste des défis pour équiper tous les acteurs. »

Les actions du Conseil régional Café-Cacao

M. Namory, agent au Conseil régional du Loh-Djiboua, joint par téléphone, explique : « Nous avons formé tous les délégués à la bonne pratique d’utilisation des outils d’achat.

Même les producteurs non enrôlés peuvent vendre sur place, obtenir leur numéro, puis recevoir leur carte. L’utilisation des cartes renforce le suivi, la transparence et réduit les conflits dans la filière. »

Vers une solution durable

Les acteurs appellent à une harmonisation rapide des outils et procédures, à des paiements sécurisés ainsi qu’à une meilleure organisation des achats pour protéger les producteurs du Loh-Djiboua et du Gôh.

Entre frustration et espoir, producteurs, employés et acheteurs plaident pour un système plus transparent, plus rapide et plus efficace.

La mise en œuvre complète des cartes de producteurs pourrait, à terme, transformer et stabiliser la filière café-cacao dans ces deux régions.

 

DJACK ZOLA