Convocation de cadres de l’opposition : Le PPA-CI dénonce une dérive autoritaire
Convocation de cadres de l’opposition : Le PPA-CI dénonce une dérive autoritaire
Le secrétaire général adjoint du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Jean-Jacques Gervais, s’est prononcé, le mercredi 29 octobre 2025, depuis le siège du parti à Cocody, sur la convocation de plusieurs cadres du PPA-CI et du PDCI-RDA par la préfecture de police d’Abidjan.
Selon les informations recueillies, les 27 et 28 octobre 2025, plusieurs responsables politiques issus du Front commun, alliance regroupant le PPA-CI, le PDCI-RDA et d’autres formations, ont été convoqués par les services de police.
Il s’agit notamment d’une treizaine de cadres du PPA-CI et de plus de sept responsables du PDCI-RDA, parmi lesquels Noël Akossi Benjo, vice-président du PDCI-RDA, Sylvestre Emmou, secrétaire exécutif du même parti, ainsi que Michel Gbagbo, député du PPA-CI.
Face à cette situation, le PPA-CI dénonce ce qu’il qualifie de “poursuites politiques” visant les opposants au pouvoir.
« Notre pays, la Côte d’Ivoire, est devenu depuis 2011 une prison à ciel ouvert, où toute voix discordante qui ne chante pas les louanges du président Ouattara s’expose à des poursuites judiciaires », a déclaré Jean-Jacques Gervais.
Il a interpellé la communauté internationale et les partenaires de la Côte d’Ivoire sur ce qu’il décrit comme « une dérive autoritaire » du régime en place.
Selon lui, ces convocations interviennent dans un contexte post-électoral marqué par des contestations sur les résultats de la présidentielle du 25 octobre 2025, et traduisent la crainte d’une défaite du RHDP lors des prochaines législatives.
« La stratégie du régime consiste à affaiblir le Front commun en mettant sous contrôle judiciaire les cadres et les députés sortants susceptibles d’influencer leurs régions », a-t-il soutenu.
Jean-Jacques Gervais estime que le chef de l’État cherche à « instaurer un parti unique en muselant les principales forces d’opposition, le PDCI et le PPA-CI », afin de gouverner « sans contradiction ni contre-pouvoir ».
Le Front commun a, par ailleurs, exigé l’arrêt immédiat des poursuites engagées contre ses cadres, ainsi que la libération sans condition de toutes les personnes arrêtées lors des récentes manifestations.
Le mouvement appelle enfin ses militants et sympathisants, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger, à rester mobilisés et à attendre les prochains mots d’ordre en faveur de la justice, de la paix et de la démocratie.
Ousseni Sawadogo
