Cheffe Viviane Kouamé : « Chaque trophée est une nouvelle victoire pour le cacao ivoirien »

Cheffe Viviane Kouamé : « Chaque trophée est une nouvelle victoire pour le cacao ivoirien »

28/11/2025 - 14:48
Cheffe Viviane Kouamé : « Chaque trophée est une nouvelle victoire pour le cacao ivoirien »
Me Viviane Kouamé, l’artisane qui fait rayonner le cacao ivoirien sur les plus grandes scènes du chocolat.

Récemment sacrée au Prix Africain du Mérite et de l’Excellence (PAME) lors du PADEV 2025, la chocolatière ivoirienne Cheffe Viviane Kouamé continue d’imposer son savoir-faire sur la scène internationale. Ambassadrice passionnée du cacao, elle revient sur son parcours, ses innovations et ses ambitions pour les jeunes talents.

Cheffe, vous venez de décrocher le prestigieux Prix Africain du Mérite et de l’Excellence (PAME) lors du PADEV, dans la catégorie agroalimentaire. Une énième distinction pour votre palmarès. Quel est votre premier commentaire à chaud ?

Merci de l’intérêt porté à ma modeste personne. Je suis extrêmement honorée par cette distinction reçue devant un parterre de grands noms de l’économie africaine. Chaque trophée a une valeur particulière et unique. Savoir aujourd’hui que mon art est une fois de plus reconnu est pour moi un immense bonheur.

Pouvez-vous nous présenter la création ou l’ensemble des produits qui ont séduit le jury de cette 20e édition du PADEV ? Qu’est-ce qui les rend si spéciaux ?

C’est l’ensemble de mes créations, de mes innovations et de mon parcours qui ont été récompensés. J’ai d’abord eu l’immense honneur d’être la première chocolatière africaine à participer aux défilés de robes en chocolat à Paris.

Je suis également la première — et la seule — chocolatière africaine à figurer dans le guide des meilleurs chocolatiers du monde (le Club des Croqueurs de Chocolat 2025), où j’ai obtenu deux tablettes d’or.

En 2023, j’ai aussi été la première chocolatière africaine à remporter une médaille d’or au concours AVPA Paris, ainsi qu’une médaille d’argent et une de bronze.
Enfin, mes produits emblématiques, comme le chocolat à l’attiéké ou ma collection “Tour d’Ivoire”, qui valorise le patrimoine culturel et touristique ivoirien, ont été particulièrement salués.

 Vous êtes considérée comme une ambassadrice du cacao ivoirien à travers le monde. Quel a été l’impact de ce rôle sur votre parcours ?

L’impact est réel et visible. La Côte d’Ivoire n’est plus seulement connue comme premier producteur de cacao ; elle est désormais citée parmi les pays reconnus pour la qualité de leurs chocolatiers. Le savoir-faire ivoirien s’expose désormais aux yeux du monde.

J’ai développé des saveurs uniques en utilisant des ingrédients issus de nos terres, mêlant culture culinaire ivoirienne et douceur du cacao.

Le secteur agroalimentaire ivoirien est en pleine mutation. Selon vous, quelle est la prochaine étape que ce secteur doit franchir, et quel rôle doit jouer l’innovation ?

Le secteur agroalimentaire est vaste et en constante évolution. L’essentiel aujourd’hui est que les acteurs et partenaires de l’entrepreneuriat continuent de soutenir les talents afin de permettre leur développement, pour le plus grand bonheur des consommateurs.

 Avec tous ces succès, pensez-vous à la transmission de votre savoir-faire à la nouvelle génération ?


Oui, la transmission fait partie intégrante du métier d’artisan. Je mets un point d’honneur à partager et à transmettre mes acquis. J’espère, au soir de ma vie, avoir contribué à révéler d’autres Viviane Kouamé qui continueront de promouvoir le cacao ivoirien.

 Avez-vous déjà mis en place des actions dans ce sens ?

Oui ! Participer à des événements professionnels, c’est avant tout partager ses expériences et ses expertises avec d’autres talents. Depuis la création de ma marque CHOCOVI en 2021, je forme également quelques jeunes désireux d’apprendre, qui font aujourd’hui partie de mon équipe.

 Votre succès n’a sans doute pas été sans obstacles. Quelle a été votre plus grande difficulté et quel conseil donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs ?

Avec le recul, je dirais que la plus grande difficulté a été la confiance en soi. Aucun exploit n’est possible sans oser vivre ses rêves et prendre des risques. J’ai connu beaucoup d’échecs, mais comme le dit le dicton : “On apprend plus de ses erreurs que de ses victoires.” 

Mon conseil : ne jamais abandonner, même dans les périodes difficiles, et continuer à croire en ses rêves.

Quels sont vos projets pour les douze prochains mois ?

D’abord, survivre, car être artisan signifie ne pas avoir la même assise financière que les grands industriels. Mais je travaille en parallèle sur de nouvelles créations qui permettront aux amoureux du chocolat de voyager, le temps d’un délicieux carré de chocolat à l’ivoirienne.

Quel est votre mot de la fin pour nos lecteurs ?

Le bonheur passe parfois par le chocolat. Le chocolat est avant tout une passion, une passion qui réjouit les cœurs depuis des millénaires à travers les peuples et les civilisations.

Apprécions ce nectar divin, cette merveille couleur cacao qui pousse sur nos terres.
Merci à tous ceux qui ont cru en moi et m’ont soutenue. Merci à mon équipe : ils sont ma force.

Réalisé par Patrick KROU