Championnat du monde Dmc : Dj Kross, représentant Afrique de l’Ouest au Dmc à Tokyo
Championnat du monde Dmc : Dj Kross, représentant Afrique de l’Ouest au Dmc à Tokyo
Dj Kross, à l’état civil Stéphane Tapé, est un animateur musical et scénique (Ams), terme nouveau qui anciennement et c’est encore d’actualité signifie Disc-jockey (Dj).
Sa particularité est qu’il a choisi comme champ de prédilection le turntablism (exercice de créer sa sélection musicale à partir des tourne-disques).
Lors de la sélection de la zone Afrique de l’Ouest du Championnat du monde des Dj, dénommé : Disco mix club (Dmc), il s’est illustré le meilleur face à quatre autres concurrents, dans la catégorie ‘’Classique’’.
Un exercice pendant lequel en 6 minutes, le Dj doit montrer sa dextérité avec toutes les techniques connues de lui. Ce rang honorable (classé 1er : ndlr), lui vaut d’être l’un des représentants du continent noir, à ce rendez-vous à Tokyo au Japon, du 10 au 12 octobre 2025. Nous l’avons rencontré dans son laboratoire pour nous renseigner sur son état d’esprit avant la compétition mondiale de cet art.
Bonjour et félicitations pour ta qualification Dj Kross. Peut-on savoir comment es-tu entré dans la profession de Disc-jockey ?
Depuis mon tendre âge, je suis passionné de musique. Au-delà de cet état de fait, j’ai eu un faible pour les manipulateurs de platines qu’on appelle communément les disc-jockeys. Je me suis dit en défi personnel, il faut que je pratique cet art et mieux, il faut que je sois cité comme l’un de ceux qui aient atteint le sommet. Pour répondre à cette exigence, il me fallait me former.
Je me suis inscrit à Dj School Abidjan, parce que je crois en la formation. En amont, j’ai appris la guitare et le piano. Et je savais que par l’apprentissage académique je pouvais bien assimiler le dj’ing.
Pour mieux le faire j’ai trouvé en cet établissement un laboratoire avec une famille des formateurs aguerris et rigoureux.
Qui m’ont transmis les bonnes bases du métier. Et je leur en suis très reconnaissant, au vu du chemin que je suis en train d’emprunter.
En effet, pour atteindre les objectifs que je me suis fixés, lorsque j’ai su l’existence de Dj School Abidjan, je m’y suis inscrit et j’ai débuté ma formation théorique et pratique.
Au bout de trois mois, temps de ladite formation, qui m’a fait obtenir le Certificat d’Aptitudes primaires (Cap), j’ai décidé de la prolonger encore de trois autres mois.
Ce qui dans la logique est une double formation. Le sens de ma durée dans cette école était d’augmenter mes capacités, afin de viser un bel horizon dans l’animation musicale scénique.
Quels sont les différents lieux où tu as pu faire montre des connaissances acquises ?
J’ai déjà prêté nos services au Roxy Lounge, un espace que je qualifierait de première classe, à Abidjan Cocody-Deux plateaux Vallon.
Aussi, j’ai été résidant à Hit Radio (une chaîne radiophonique internationale), j’ai animé d’autres clubs et des événements privés, notamment des anniversaires, mariages et autres célébrations.
Quand est-ce que tu as pris la résolution de participer au concours Dmc World et dans quelle optique ?
Le Dmc pour moi n’était qu’un rêve. Cependant, grâce à l’engagement de Dj School Abidjan avec l’appui institutionnel de nos autorités de tutelle que je salue, l’Afrique de l’Ouest reçoit l’organisation zonale du Dmc depuis seulement un an.
Alors, c’est depuis ce moment que j’ai pris la résolution de travailler pour être à un niveau acceptable pour participer à cette compétition cette année.
Mon premier objectif était d’être le premier Ivoirien à remporter le Dmc catégorie ‘’Classique’’ Ouest Africa. Il a été atteint, puisque je me suis retrouvé face à de grands Dj venus du Bénin, de la Guinée, du Nigeria, du Sénégal.
Je suis certes heureux d’avoir été désigné le meilleur, mais force est de reconnaître que je dois travailler dur, afin de partir n toute confiance pour le Japon, représenter vaillamment l’Afrique.
Justement, tu viens d'être désigné pour représenter l'Afrique de l'Ouest en particulier et l’Afrique en général à ce championnat. Qu’as-tu fait pour en arriver là ?
Pour en arriver à ce stade, j’ai beaucoup travaillé et fait d’énormes sacrifices, telles des privations pour mieux me concentrer à la tâche.
Il faut souffrir accepter que j’ai mis beaucoup de temps et d’engouement pour faire des recherches, peaufiner ma technique, choisir les morceaux, la thématique et enfin trouver le set (la programmation de chansons et de techniques) parfait que je devais proposer pour être le numéro ‘’Un’’. Cela n’a pas été comme mettre un couteau dans du beurre pour le couper, comme on peut le croire.
Comment t'entraînes-tu pour honorer le continent noir ?
Aujourd’hui je suis conscient de la responsabilité qui m’incombe de représenter tout un continent au Dmc world 2025. Du coup, je suis vraiment concentré.
Pour me parfaire, je travaille avec l’équipe technique de Dj School. Ce n’est pas de la tricherie, tout futur champion travaille avec un ou des mentor (s). Pour preuve, en 1997, le Canadien Dj A-Trak, le plus jeune champion du monde de l’histoire du Dmc, à seulement 15 ans, a été conseillé par un célèbre Dj américain.
C’est dans ce cadre que Dj School m’offre un cadre de répétition professionnelle sous la supervision de DJ Max et de Donald Jay, les deux premiers responsables de cet établissement.
Que peut-on attendre de toi à cette compétition ?
Au Dmc World, l’Afrique a son mot à dire. Et Dj Kross sera là sur les platines à Tokyo pour l’exprimer. En effet, je ne me suis pas attribué le pseudonyme Kross pour un rien.
Il est tiré de Cross fader (le potentiomètre qui traverse) situé au bas du mixer et a un rôle très important dans la création des programmations du Dj. Ce qui à mon sens veut dire que mon surnom va circuler dans les temps dans le métier de l’Animation musicale scénique.
Propos recueillis par Ouattara Koffi
