Akouédo/de l’enfer écologique au paradis urbain: Les journalistes découvrent la métamorphose
Akouédo/de l’enfer écologique au paradis urbain: Les journalistes découvrent la métamorphose
Hier encore, Akouédo n’évoquait que des odeurs suffocantes, des fumées toxiques et des collines de déchets. Aujourd’hui, le même nom fait rêver. En visite sur le site, plus d’une centaine de journalistes ont découvert une métamorphose qui défie l’imaginaire.
C'est un paradis écologique de 30 hectares, qui a été visité, Ce samedi 5 décembre 2025, plus d’une centaine de membres de l’ONG Confrères Journalistes ont foulé les allées impeccables du Parc Urbain d’Akouedo, dans la commune de Cocody.
Une visite pédagogique et immersive qui a permis aux hommes et femmes de médias de mesurer l’ampleur d’une transformation historique : celle de la plus grande décharge de Côte d’Ivoire, autrefois symbole de dégradation, devenue aujourd’hui un vaste écrin écologique.
Pendant près de 60 ans, la décharge d’Akouédo a reçu plus d’un million de tonnes de déchets par an, représentant au total 53 millions de tonnes jusqu’à sa fermeture le 29 décembre 2018. Pollution de l’air, nuisances olfactives, infiltration de lixiviats dans les nappes phréatiques : le site constituait une menace sanitaire majeure.
« Personne ne voulait savoir où se situait la décharge, alors que ses odeurs arrivaient jusque dans nos salons », rappelle un ingénieur du projet, en expliquant les enjeux titanesques de dépollution.
Sur les 90 hectares du site, 2 millions de m³ de déchets ont été remaniés, remodelés et étanchéifiés afin d’éliminer les infiltrations toxiques. Plus de 15 km de fossés ont été aménagées pour canaliser les eaux de pluie, tandis que 243 puits permettent désormais de capter lixiviats et biogaz.
« Le gaz récupéré sert aujourd’hui à produire de l’électricité, et les eaux traitées sont suffisamment propres pour être rejetées sans danger », précise l’équipe technique, détaillant un processus combinant traitements biologiques et filtrations membranaires.
Pour rendre le site attractif, une composante ludique et éducative a été intégrée. Sur 30 hectares, le Parc Urbain d'Akouedo offre :
2 terrains de football, des espaces pour le basketball, le tennis, le padel et la pétanque, une plaine sportive, une passerelle de 600 mètres à travers une forêt reconstituée de 10 hectares, des zones de savane reprenant la végétation ivoirienne
La Maison de l’Environnement, bâtie en terre cuite, accueille expositions, conférences et ateliers de sensibilisation.
« C'est un espace paradisiaque, une vraie surprise », s’enthousiasme Traoré Moussa, dit MT, président de l’ONG Confrères Journalistes. « Chaque année, nous choisissons un lieu pour nous instruire et renforcer nos liens. Pour cette édition, le choix d’Akouedo s’est imposé. Ce parc raconte une histoire : celle d’une renaissance. »
Avec 8 000 arbres et 10 000 arbustes plantés, l’allée des Géants, flanquée de bambous et de fromagers déplacés puis replantés, symbolise le passage « de l’enfer au paradis », pour reprendre les mots des techniciens.
À travers cette visite, les journalistes ont pu constater qu’Akouedo n’est plus un stigmate, mais un modèle de résilience écologique. Un espace où la Côte d’Ivoire démontre qu’elle peut transformer les héritages les plus lourds en opportunités durables.
Brou Wilson
