À Bayota, un groupe scolaire "en ruine" menace la réussite de 600 élèves : La communauté lance un SOS

À Bayota, un groupe scolaire "en ruine" menace la réussite de 600 élèves : La communauté lance un SOS

23/11/2025 - 19:49
À Bayota, un groupe scolaire "en ruine" menace la réussite de 600 élèves : La communauté lance un SOS
À Bayota, un groupe scolaire "en ruine" menace la réussite de 600 élèves : La communauté lance un SOS

Bayota, Situé à 30 km de Gagnoa, dans le Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire, le groupe scolaire Bayota 1–3 et sa maternelle, ouvert en 1954, traverse une crise sans précédent.

Les infrastructures vieillissantes et insuffisantes mettent en danger la sécurité, la santé et l’avenir scolaire de centaines d’enfants. Face à l'urgence, la population locale lance un cri d’alerte et réclame une réhabilitation immédiate.

Des infrastructures en délabrement avancé

Sur le terrain, le constat est alarmant : salles de classe fissurées, toitures endommagées, mobilier insuffisant. Pire, l’établissement ne dispose ni de latrines, ni de clôture, exposant les élèves à des risques sanitaires et sécuritaires majeurs.

À cette insécurité s’ajoute le bruit constant du grand marché voisin, qui perturbe sérieusement les cours et la concentration des enfants.

M. Ahi N’ganza, directeur de l’EPP Bayota 1, témoigne : « Notre mission est de garantir un enseignement de qualité, mais les infrastructures actuelles limitent nos efforts.

Une réhabilitation urgente, incluant la construction de latrines et d’une clôture, est indispensable pour assurer la sécurité et la réussite de nos enfants. »

Une réussite scolaire remarquable malgré tout

Malgré ces conditions extrêmes, l’établissement a enregistré un taux de réussite exceptionnel de 90,19 % pour l’année scolaire 2024–2025. Pour M. Koudougnon Claude François, président du COGES : « Avec un taux de réussite de plus de 90 %, ces élèves méritent un cadre d’étude digne. Il est urgent que les autorités agissent avant qu’il ne soit trop tard. »

La communauté locale mobilisée

Les habitants de Bayota – enseignants, parents et leaders communautaires – demandent depuis plusieurs années une intervention concrète. M. Kiffy Digbeu Lassehi Roger, chef du village, insiste : « Nos enfants ne peuvent pas continuer à apprendre dans ces conditions. Le manque de clôture et le bruit du marché aggravent la situation. Nous demandons une intervention urgente. »

Du côté de la maternelle, Mme Zinta, directrice, souligne la vulnérabilité des plus jeunes :

« Les enfants ont besoin d’un environnement propre, sécurisé et adapté. Aujourd’hui, les bâtiments vieillissants ne répondent plus aux normes. »

Des promesses non suivies d’effet

 

Malgré les visites de plusieurs délégations, dont celle de l’Ambassade du Japon et du Conseil régional du Gôh, aucune action concrète n’a été réalisée. Mme Abiba Ouattara, Inspectrice de l’Enseignement Préscolaire et Primaire (IEPP) de Bayota, déplore : « Toutes ces visites ont constaté l’état alarmant de nos infrastructures. Mais jusqu’à présent, aucune action concrète n’a suivi.

Chaque année, je demande à l'archidiocèse de Gagnoa de mettre à notre disposition deux salles à l’église catholique de Bayota pour pallier le manque de locaux. Nous espérons que cette fois-ci, les choses changeront réellement pour offrir à nos enfants un cadre d’apprentissage digne. »

Subventions insuffisantes et besoins urgents

Le groupe scolaire reçoit actuellement une dotation annuelle de 2 200 000 FCFA, une somme bien loin de ce qui est nécessaire pour financer une réhabilitation complète incluant latrines, clôture et isolation partielle contre le bruit.

Les leaders communautaires insistent sur l’importance de préserver ce patrimoine éducatif pour garantir un environnement sûr et propice à l’excellence scolaire.

Agir pour protéger l’avenir des enfants

Le groupe scolaire Bayota 1–3 et la maternelle, malgré son grand âge et ses difficultés, reste un symbole de persévérance et de réussite.

Mais sans réhabilitation urgente, la sécurité, la santé et l’avenir scolaire de centaines d’enfants sont compromis.

La population appelle les autorités et les partenaires éducatifs à un engagement réel et immédiat : chaque jour sans intervention est une occasion manquée de protéger l’éducation et le bien-être de ces jeunes apprenants.

 

DJACK ZOLA