12ème édition de la Pré-Journée mondiale de l’hypertension artérielle
12ème édition de la Pré-Journée mondiale de l’hypertension artérielle
La Fondation Cœur Citoyen sonne la mobilisation pour un meilleur contrôle tensionnel. En prélude à la Journée mondiale de l’hypertension artérielle célébrée le 17 mai, la Fondation Cœur Citoyen a organisé, le samedi 16 mai 2026 à son siège, la 12ᵉ édition de son séminaire scientifique pluridisciplinaire en prélude à la Journée Mondiale de l'HTA, autour du thème : « Maîtriser l’hypertension artérielle ensemble ».
Cette rencontre de santé publique a réuni médecins spécialistes, généraliste, infirmiers(ères), sages femmes, étudiants, étudiants canadiens en médecins et populations autour d’un même objectif : renforcer la prévention et améliorer la prise en charge de l’hypertension artérielle, considérée aujourd’hui comme l’un des principaux défis sanitaires en Côte d’Ivoire.
Prenant la parole, le Directeur départemental de la santé du district sanitaire de Yopougon Est, le Docteur Aka Diekete Apollinaire, a rappelé la gravité de cette maladie souvent silencieuse mais aux conséquences redoutables.
Selon lui, l’hypertension agit directement sur les organes nobles de l’organisme que sont le cœur, le cerveau, les reins et les yeux.« Au niveau du cœur et du cerveau, l’hypertension va entraîner des accidents cardiovasculaires. Au niveau des reins, nous aurons l’insuffisance rénale et au niveau des yeux, la cécité », a-t-il expliqué.
Le spécialiste a également insisté sur les nouvelles orientations médicales visant à mieux contrôler la tension artérielle afin de prévenir précocement les complications.
« La tendance aujourd’hui est de baisser la systolique à 13 et la diastolique à 80 pour prévenir tôt les complications de l’hypertension artérielle », a-t-il indiqué, avant d’inviter les populations à adopter des mesures hygiéno-diététiques simples telles que la marche, la réduction du stress et le respect des traitements médicamenteux.
Pour la Secrétaire générale de la Fondation Cœur Citoyen, Mlle Caroline Coulibaly, cette édition a particulièrement mis l’accent sur la maîtrise du contrôle tensionnel chez les patients déjà diagnostiqués hypertendus.« Pour cette édition, nous avons mis l’accent sur le bon contrôle tensionnel. C’est-à-dire comment permettre aux patients déjà hypertendus d’atteindre un seuil intéressant pour leur permettre de vivre longtemps », a-t-elle souligné.
Les échanges ont également porté sur les liens étroits entre hypertension artérielle et diabète. Le diabétologue Dr ACKA FÉLIX (Chef de service du centre anti diabétique d'Abidjan-CADA) a rappelé que le diabète de type 2, qui représente près de 90 % des cas, est fortement lié au mode de vie.
Au-delà du constat, il a plaidé pour une démocratisation de la prise en charge de l’hypertension artérielle dans les structures sanitaires de proximité.« L’hypertension qui arrive chez le médecin spécialiste est souvent une hypertension avec complications. Il faut que dans tous les centres de santé, là où se trouve un infirmier ou un médecin, on puisse faire le diagnostic, proposer un traitement initial et orienter vers les spécialistes en cas de complications », a-t-il recommandé.
Même son de cloche chez le Professeur BAMBA-KAMAGATÉ DJENEBA, cardiologue, qui a qualifié l’hypertension artérielle de « premier facteur de risque cardiovasculaire mondial » et de « tueur silencieux ».
« C’est une pathologie grave parce qu’on ne voit pas l’hypertension venir, mais on voit ses dégâts, surtout dans nos contextes africains où elle est découverte au stade des complications neurologiques, cardiovasculaires et rénales », a-t-elle alerté.
La spécialiste a révélé des chiffres préoccupants sur la situation en Côte d’Ivoire.
« Sur 12 millions d’hypertendus, nous avons 9 millions qui ne se savent pas hypertendus. Et sur les 3 millions diagnostiqués, seulement 12 % sont contrôlés », a-t-elle déploré.
Face à cette réalité, les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de poursuivre les campagnes de sensibilisation aussi bien auprès des populations que du personnel soignant afin d’améliorer le dépistage précoce et la qualité de la prise en charge.
Cette 12ᵉ édition a également été marquée par la participation d’étudiants canadiens qui ont présenté un tableau comparatif de la prise en charge de l’hypertension artérielle en Côte d’Ivoire et au Canada, enrichissant ainsi les échanges sur les bonnes pratiques médicales et les défis des systèmes de santé.
Adonis N.
