Les Grands Plateaux de l’UJOCCI : Meiway retrace 36 ans de carrière musicale
Les Grands Plateaux de l’UJOCCI : Meiway retrace 36 ans de carrière musicale
L’artiste Frédéric Ehui, plus connu sous le nom de Meiway, a été l’invité d’honneur de la toute première édition des Grands Plateaux de l’UJOCCI, organisée le vendredi 20 juin à l’espace Ménékré Legend, à Cocody.
Cette initiative de l’Union des journalistes culturels de Côte d’Ivoire (UJOCCI), présidée par Jean Marc Tonga, visait à créer une plateforme d’échanges entre figures emblématiques de la culture ivoirienne et professionnels des médias. Pour cette première, le choix s’est porté sur le créateur du "Zoblazo", considéré comme une figure incontournable de la musique ivoirienne depuis plus de trois décennies.
Face à une trentaine de journalistes culturels, Meiway est revenu, dans une ambiance détendue, sur son parcours, ses convictions artistiques et ses projets à venir.
Interrogé sur son style musical, Meiway a tenu à rappeler l’originalité et l’authenticité du Zoblazo, qu’il présente comme une musique issue d’un long travail de recherche culturelle. "J’ai conçu le Zoblazo. Je suis allé dans le bois sacré pour le concevoir. La tam-tam que je joue m’a été enseignée par le vieux Adjalou. Je suis un initié. Celui qui veut faire du Zoblazo doit venir à la source", a-t-il expliqué.
L’artiste a également salué l’intérêt croissant des étudiants de l’Institut national supérieur des arts et de l'action culturelle (INSAAC) pour son répertoire musical, qu’ils s’approprient à travers diverses reprises.
Avec 36 années de carrière musicale, Meiway estime que sa longévité repose sur sa singularité artistique. "Je suis le seul artiste ivoirien en activité qui a créé un genre musical et qui continue de le faire vivre. Des artistes comme moi sont rares. Il faut nous préserver", a-t-il souligné, appelant les journalistes culturels à jouer un rôle de relais et de protection du patrimoine musical local.
Sans détour, l’artiste a exprimé son scepticisme à l’égard des grandes maisons de production internationales. Selon lui, les conditions de collaboration avec ces structures sont souvent désavantageuses pour les artistes.
"Sur 100% des revenus, l’artiste perçoit entre 8 et 10%. On vous propose des avances, mais ce sont des crédits que vous remboursez à vie. Ce n’est pas équitable", a-t-il dénoncé, en appelant à un meilleur respect des droits d’auteur.
Meiway a profité de l’occasion pour dévoiler son agenda artistique. Il prévoit notamment des prestations à Paris, au Canada, au Gabon et au Cameroun dans les mois à venir.
Il a également évoqué un projet hommage à son frère disparu, Deza X, décédé en 2005. Connu pour son talent prometteur, ce dernier fera l’objet d’une célébration en août prochain. Plusieurs titres de son répertoire sont en cours de réédition dans le cadre de cette initiative.
En clôture de cette rencontre, Jean Marc Tonga, président de l’UJOCCI, a salué la disponibilité de l’artiste et la richesse des échanges. "Tout ce qui touche à Meiway sera désormais une priorité pour l’UJOCCI", a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de son organisation à accompagner les figures majeures de la culture ivoirienne.
Arnaud GASA
