L'axe Bayota-Ouragahio : un calvaire routier qui étrangle le Gôh et nourrit l'insécurité
L'axe Bayota-Ouragahio : un calvaire routier qui étrangle le Gôh et nourrit l'insécurité
L'axe routier reliant Bayota à Ouragahio, en passant par les villages de Zébizékou et Gbigbikou, est devenu un véritable casse-tête pour les usagers de la région du Gôh. Qu'il pleuve ou que le soleil tape, cette route secondaire est quasi impraticable, transformant chaque déplacement en parcours du combattant.
Entre les nids-de-poule béants, les flaques d'eau stagnantes, et les tronçons boueux et glissants, voitures, taxis-brousse, camions, massa et motos s'embourbent ou tombent régulièrement en panne. Ces incidents récurrents entraînent d'énormes pertes de temps et des dépenses imprévues pour les conducteurs.
« Quand il pleut, on ne peut plus passer. Même les motos tombent et on se blesse. Beaucoup préfèrent faire un grand détour, mais ça coûte cher », se plaint M. Ouattara Moussa, chauffeur de Massa qui relie Ouragahio à Bayota chaque semaine.
Un terreau fertile pour l'insécurité
Plus grave encore, l'état déplorable de la route est devenu une aubaine pour les coupeurs de route. Ces derniers profitent de la lenteur et de la vulnérabilité des véhicules pour dresser des barrages improvisés. Plusieurs attaques ont été signalées ces derniers mois, semant la peur chez les usagers.
« Il y a deux semaines, des passagers ont été braqués en plein jour. On ne peut plus voyager tranquille », déplore M. Brou Yao, cultivateur à Zébizékou.
Des activités économiques paralysées
Cette situation impacte lourdement les activités économiques de ces villages, pourtant agricoles. Les producteurs de cacao, de café, de vivriers et d'hévéa peinent à écouler leurs récoltes vers les marchés locaux ou les grandes villes. Certaines productions pourrissent faute de transport adéquat, causant d'importantes pertes financières aux familles déjà modestes.
La population lance un SOS aux autorités
Face à ce constat alarmant, les populations des villages riverains interpellent le gouvernement ivoirien, le Conseil régional du Gôh et la mairie d'Ouragahio.
Elles réclament des travaux urgents de réhabilitation et une meilleure sécurisation de cet axe stratégique pour désenclaver la zone et restaurer la confiance.
« Nous demandons au président du Conseil régional, au maire d'Ouragahio et à l'État de penser à nous. Trop de promesses ont été faites, mais rien ne bouge », s'indigne Mme Sery Ange, présidente d'une association de femmes commerçantes de Gbigbikou.
De son côté, l'animateur sportif radio et habitant du village de Zébizékou, M. Dali Fefe, lance un appel solennel : « Nous ne pouvons plus rester isolés. Nos enfants ont du mal à aller à l'école quand il pleut, nos malades meurent parfois faute de pouvoir être évacués rapidement. Il faut que cette route soit refaite, et vite. »
Vers une solution concrète ?
Pour l'heure, aucune annonce officielle de réhabilitation n'a encore été faite, malgré les multiples doléances. La population garde toutefois l'espoir que cette fois, leur cri de détresse sera entendu et que des machines seront bientôt visibles sur le terrain.
En attendant, les habitants de Zébizékou, Gbigbikou, Bayota et Ouragahio continuent de braver chaque jour les dangers de cette route dégradée, la peur au ventre, mais toujours avec courage et résilience.
DJACK ZOLA
