Élections législatives 2025 à San Pedro : Premiers constats de l’observation citoyenne

Élections législatives 2025 à San Pedro : Premiers constats de l’observation citoyenne

07/01/2026 - 09:17
Élections législatives 2025 à San Pedro : Premiers constats de l’observation citoyenne
Élections législatives 2025 à San Pedro : Premiers constats de l’observation citoyenne

Le Centre Régional d’Appui à la Société Civile de la zone Sud (CRASC-SUD) a rendu publique, le lundi 5 janvier 2026, sa déclaration préliminaire sur l’observation des élections législatives de 2025 dans la région de San Pedro.

Le document a été présenté par le chef de mission du projet, M. Seydou Camara, lors d’une rencontre avec la presse locale, en présence de la représentante du préfet de région, préfet du département de San Pedro, du représentant du préfet de région, ainsi que de plusieurs organisations de la société civile.

Il convient de souligner que le CRASC-SUD n’en est pas à sa première mission d’observation électorale. L’organisation avait déjà conduit une opération similaire lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025 dans la région de San Pedro, une expérience qui confère à ses analyses une crédibilité et une expertise renforcées.

Cette mission s’inscrit dans le cadre du projet d’observation des élections législatives de 2025, piloté par l’European Network of Political Foundations (ENoP), mis en œuvre par le CRASC-SUD avec l’appui financier de l’Union européenne. À cet effet, 110 observateurs ont été déployés sur le terrain, couvrant 380 bureaux de vote, soit plus de 55 % des bureaux de vote de la région.

Selon  Seydou Camara, « le processus électoral s’est déroulé dans un climat globalement calme et apaisé, sans incidents majeurs susceptibles de compromettre la sécurité des populations ou des candidats ». Il a salué le respect du chronogramme électoral ainsi que l’organisation de l’administration électorale locale, estimant que « les différentes étapes du processus ont été conduites conformément au calendrier établi, traduisant une bonne planification et une maîtrise globale des opérations électorales ». Toutefois, certaines insuffisances ont été relevées, notamment en matière de communication et d’accès à l’information dans quelques bureaux de vote.

Le chef de mission a également mis en avant le rôle des forces de défense et de sécurité, dont la présence a été qualifiée de « professionnelle, discrète et non intrusive », contribuant à instaurer un climat de confiance autour du scrutin. Il a cependant regretté que des observateurs du CRASC-SUD aient été empêchés de suivre le dépouillement dans certaines localités, notamment à Tabou, limitant ainsi l’observation complète de cette phase déterminante du processus électoral.

Par ailleurs, malgré une forte mobilisation des candidats, la participation électorale est demeurée globalement faible, en particulier en milieu urbain. « La faible mobilisation des électeurs constitue un défi majeur pour le renforcement de la démocratie participative », a souligné M. Camara.

Sur le plan de l’inclusion, le CRASC-SUD note une implication significative des jeunes dans l’administration électorale. En revanche, la représentation des femmes dans les postes de responsabilité demeure limitée, tout comme la présence de personnes en situation de handicap au sein des bureaux de vote.

Face à ces constats, l’organisation appelle la Commission Électorale Indépendante (CEI) à renforcer la communication et la vulgarisation des règles électorales, tout en invitant les partis politiques à privilégier des campagnes axées sur les programmes. Elle exhorte également la société civile à intensifier les actions d’éducation citoyenne.

Seydou Camara a rappelé que ces observations restent préliminaires et a annoncé la publication d’un rapport final détaillé dans un délai de quatre semaines après le scrutin.

 

 

Zié K.