Droits d’auteur : Steeve Orphôss Zagoré donne sept jours aux entreprises et institutions pour régler leurs dettes envers le Burida
Droits d’auteur : Steeve Orphôss Zagoré donne sept jours aux entreprises et institutions pour régler leurs dettes envers le Burida
Les internautes ivoiriens se sont réveillés ce lundi 1er décembre 2025, par un appel tinté d’ultimatum dans lequel le serviteur de Dieu et artiste ivoirien, Steeve Orphôss Zagoré, également membre du Conseil d’administration du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida).
Dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux, l’ancien chanteur connu sous le nom de “Stezo” a dénoncé la précarité persistante dans laquelle vivent de nombreux artistes du pays, malgré les réformes engagées ces dernières années.
Dans sa déclaration, il interpelle directement les autorités gouvernementales, notamment le Premier ministre et la ministre de la Culture, Françoise Remarck.
Selon lui, plusieurs entreprises privées ainsi que certaines institutions publiques auraient accumulé des dettes à l’égard du Burida, au titre des droits d’auteur et de la copie privée. Il précise cependant que ses propos n’ont pas vocation à accuser sans fondement mais à provoquer une prise de conscience collective.
L’homme de Dieu met également en garde les entités concernées que le compte à rebours à commencer à compter de ce jour (lundi 1er décembre 2025) : « Vous avez sept jours pour contacter le Directeur général du Burida, M. Karim Ouattara », annonce-t-il, promettant que des révélations publiques seront faites si aucune initiative n’est prise dans ce délai. Il assure agir de son propre chef, sans mandat particulier, mais porté par un sens de justice et d’éthique.
Steeve Orphôss Zagoré revient aussi sur son propre parcours, évoquant sa carrière d’artiste — notamment sous le nom de Stezo — et les difficultés personnelles qu’il a traversées. Il affirme avoir vu trop d’artistes mourir dans la misère, « seuls et oubliés », malgré leur contribution majeure à la vie culturelle nationale.
Engagé dans la gouvernance du Burida depuis cinq ans, Steeve Orphôss Zagoré affirme avoir pris le temps d’observer et d’analyser les pratiques liées à la collecte des droits d’auteur. Son constat est, selon lui, sans appel : les artistes traversent une souffrance profonde, incompréhensible pour un public qui les voit pourtant sous les projecteurs.
« Les Ivoiriens ne comprennent pas comment ceux qui remplissent les stades vivent dans une telle pauvreté », explique-t-il, rappelant le cas dramatique de certains comédiens et musiciens ayant marqué l’histoire culturelle nationale. Sans entrer dans les détails, il cite la situation de l’artiste comédien Troupa Gbizié Bruno, plus connu sous le pseudonyme Zoumana comme illustration de cette précarité.
Son appel se veut un signal fort : selon lui, le respect des droits d’auteur n’est pas seulement une obligation légale, mais un devoir moral permettant aux créateurs de vivre dignement de leur art. À l’approche des fêtes de fin d’année, il rappelle que pendant que certains célébreront dans l’abondance et avec fastes, beaucoup d’artistes peineront à assurer le strict minimum.
La sortie de Steeve Orphôss Zagoré ravive ainsi le débat sur la gouvernance culturelle et la protection sociale des artistes en Côte d’Ivoire, un sujet qui devrait susciter réactions et discussions dans les jours à venir.
Patrick KROU
