COP30 : San-Pedro place les territoires au cœur de la diplomatie climatique ivoirienne
COP30 : San-Pedro place les territoires au cœur de la diplomatie climatique ivoirienne
Du 10 au 22 novembre 2025, à Belém, au Brésil, la 30ᵉ Conférence des Parties sur les changements climatiques (COP30) réunit les acteurs mondiaux du climat.
Dans ce cadre, la région de San Pedro se distingue par son approche innovante et concrète de la lutte contre le réchauffement climatique.
Le Premier vice-président du Conseil régional, Gilles Dienot Gueu, représentant le président Boueka Nabo Clément, y défend avec conviction la territorialisation de l’action climatique, une vision qui suscite déjà un vif intérêt auprès de plusieurs partenaires internationaux.
Hier, mardi 18 novembre, lors d’une téléconférence avec la cellule de communication du Conseil régional, M. Gueu a souligné :
« Nous constatons un réel intérêt pour notre approche territoriale. Les partenaires veulent des solutions ancrées localement, et San Pedro arrive avec du concret. »
Considérée comme une COP décisive, cette 30ᵉ édition, placée sous le signe de « l’action collective au service du bien commun », marque le lancement d’un nouveau cycle de Contributions déterminées au niveau national (CDN) à l’horizon 2035.
Elle se veut la COP de la mise en œuvre, encourageant des solutions concrètes et des alliances stratégiques. L’Afrique y réaffirme sa position : malgré sa faible contribution aux émissions mondiales, le continent souhaite devenir un moteur de solutions, tout en demandant une justice climatique et financière. L’initiative portée par la région de San Pedro s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
À Belém, la participation de San Pedro dépasse le cadre symbolique. Autour du thème « Territorialisation de l’action climatique : Enjeux et opportunités pour les Régions et Districts de la Côte d’Ivoire », Gilles Dienot Gueu a présenté le Plan Climat régional, structuré autour de quatre axes majeurs :
– le développement du tourisme durable et de l’écotourisme ;
– la gestion durable des forêts, dans un pays ayant perdu près de 80 % de son couvert forestier mais visant à en restaurer 30 % d’ici 2030 ;
– la sécurité alimentaire et le renforcement de la résilience des populations vulnérables ;
– la montée en compétences et la promotion d’emplois verts, essentiels à une économie résiliente.
La force de San Pedro réside dans la présentation de projets concrets et à fort impact, qui ont immédiatement retenu l’attention de plusieurs partenaires techniques et financiers désireux d’explorer de potentielles collaborations.
Alignés sur les priorités internationales en matière sociale, économique et environnementale, ces projets répondent également aux appels pour réformer la finance climatique et promouvoir l’économie verte.
La région a également mis en avant un atout écologique majeur : la première Aire Marine Protégée (AMP) de Côte d’Ivoire, située à Grand-Béréby et couvrant 272 375 hectares d’écosystèmes marins incluant mangroves, récifs et herbiers.
Présentée lors d’un panel conduit par un expert ivoirien, cette AMP constitue un levier stratégique pour développer la finance bleue et renforcer la résilience du littoral.
Diarrassouba Issa, Directeur de la Planification à l’OIPR, rappelle : « Longtemps absents du réseau national de conservation, ces espaces deviennent désormais centraux dans une stratégie ambitieuse visant à répondre aux défis de la biodiversité et du changement climatique. »
La participation remarquée du Conseil régional de San Pedro illustre une réalité désormais incontournable : la lutte contre le changement climatique se joue au niveau local. En proposant une vision claire, structurée et accompagnée de projets tangibles, la région s’affirme comme un acteur crédible et une force de proposition.
À l’heure où la Côte d’Ivoire, à l’image du continent africain, intensifie ses efforts pour tenir ses engagements climatiques, San Pedro se distingue comme un territoire pionnier.
L’expérience démontre que la territorialisation des politiques climatiques constitue l’une des clés pour transformer les vulnérabilités en opportunités de développement durable.
Zié K.
