Budget 2026 : Un projet ambitieux de 17 350 milliards FCFA pour accélérer le développement de la Côte d’Ivoire
Budget 2026 : Un projet ambitieux de 17 350 milliards FCFA pour accélérer le développement de la Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire se prépare à franchir une nouvelle étape dans son ambition de développement. Le mardi 18 novembre 2025, le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a présenté devant la Commission des Affaires Économiques et Financières de l’Assemblée nationale le projet de budget de l’État pour l’exercice 2026.
Chiffré à 17 350,2 milliards de francs CFA, il affiche une hausse de 13,1 % par rapport à 2025 et se positionne comme l’un des plus importants jamais proposés. Il s’agit d’une étape décisive avant son adoption définitive prévue pour janvier 2026.
Dès l’entame de son propos, le ministre a exprimé sa gratitude envers les députés, rappelant l’importance du dialogue parlementaire dans l’élaboration du budget, instrument essentiel au fonctionnement de l’État.
Il a également retracé les différentes phases du processus budgétaire, depuis le cadrage macroéconomique effectué en mars jusqu’aux échanges parlementaires de fin d’année. Le projet est actuellement à sa douzième étape, avant son intégration complète dans les systèmes de gestion publique.
Adama Coulibaly a par ailleurs insisté sur le contexte international particulièrement mouvant. Les conflits en Ukraine et au Proche-Orient, les tensions géopolitiques persistantes et les impacts du changement climatique continuent d’influer sur les économies du monde entier.
Malgré ces turbulences, la Côte d’Ivoire maintient le cap, portée par une croissance solide estimée à 6,7 % en 2026. Cette dynamique s’inscrit dans un environnement mondial fragile mais résilient, en partie soutenu par des politiques monétaires restrictives.
Le budget 2026 repose sur des prévisions détaillées : 8 728,5 milliards de recettes budgétaires, 7 091,5 milliards de ressources de trésorerie et 1 540,2 milliards provenant des comptes spéciaux du Trésor.
Du côté des dépenses, 4 916,2 milliards seront consacrés aux charges de trésorerie, tandis que les comptes spéciaux absorberont également 1 540,2 milliards.
Le taux de pression fiscale devrait atteindre 15,7 % du PIB, et le déficit budgétaire restera contenu à 3 %, en conformité avec les normes communautaires en vigueur.
Le ministre a souligné le poids des dépenses obligatoires, qui représentent 56 % du budget total, incluant notamment les salaires, les abonnements et le service de la dette.
Les recettes fiscales, estimées à 8 193,8 milliards, devront connaître une progression de 1 041 milliards, un défi que l’administration se dit prête à relever. Les priorités du gouvernement s’articulent autour du renforcement du capital humain, avec une part importante du budget consacrée à l’éducation (22,4 %) et à la santé (10,6 %).
Les investissements, évalués à 4 504 milliards, s’alignent sur les orientations du Plan National de Développement 2026-2030. Ils concernent entre autres la construction d’infrastructures urbaines, le renforcement de la sécurité et diverses initiatives agricoles destinées à soutenir la productivité nationale.
Depuis 2020, la mise en œuvre du budget programme a permis d’améliorer la transparence et la performance administrative. Les taux de réalisation n’ont cessé de progresser, atteignant 90,2 % en 2024. Pour la première fois, les comptes spéciaux du Trésor seront soumis à des contrats de performance, une innovation destinée à optimiser leur efficacité.
En conclusion, Adama Coulibaly a réaffirmé la détermination du gouvernement à maintenir une croissance soutenue tout en respectant les engagements communautaires.
Les députés devront maintenant examiner les crédits ministériels avant le vote final du budget, lequel reflétera les priorités nationales en matière d’éducation, de santé, de sécurité et d’emploi.
César KOUAME
