Affaire ‘’agenouillement de Blé Goudé en 2009’’, Konaté Navigué (PPA-CI) dit sa part de vérité

Affaire ‘’agenouillement de Blé Goudé en 2009’’, Konaté Navigué (PPA-CI) dit sa part de vérité

01/12/2025 - 14:28
01/12/2025 - 14:42
Affaire ‘’agenouillement de Blé Goudé en 2009’’, Konaté Navigué (PPA-CI) dit sa part de vérité
Konaté Navigué, cadre du PPA-CI demande à Blé Goudé d’être reconnaissant envers le président Gbagbo.

Après le passage de l’ex-chef de la Galaxie patriotique, Charles Blé Goudé, dans une émission télévisée récemment, plusieurs voix se sont élevées pour exprimer leur indignation face aux propos tenus par le leader du Cojep.

Parmi ces voix dissonantes figure celle de Konaté Navigué, cadre du PPA-CI et l’un des signataires de l’Accord politique de Ouagadougou de 2007 qui s’est exprimé ce mardi 25 novembre 2025. Morceaux choisis !

« J’ai regardé la vidéo de l’émission qui laquelle Charles Blé Goudé s’est exprimé. Je dois avouer que j’ai été surpris, et même un peu choqué.

J’ai été choqué parce que, selon moi, il est allé trop loin. Cocteau (1) disait : « Le tout dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin. Et je pense qu’il a franchi cette limite.

On ne parle pas ainsi de son père ou de sa mère. S’il a accepté que Gbagbo soit pour lui une figure paternelle, ce n’est pas de cette manière qu’il faut lui dire merci.

Concernant l’épisode du pardon à Soro Guillaume, je veux rappeler quelques faits. À la sortie de Ouagadougou, lorsque nous sommes arrivés avec l’Accord politique, j’étais parmi les rédacteurs du document.

À côté de celui-ci, nous avions élaboré un code de bonne conduite : le camp présidentiel ne devait pas attaquer verbalement ou physiquement ceux que l’on appelait alors les rebelles, et inversement.

Tous les acteurs le savaient. Parfois, des propos dépassaient les bornes, mais nous faisions en sorte de les canaliser, pour faciliter la mise en œuvre de l’accord.

Il est possible que le Président ait estimé que les propos tenus dans l’émission avec Sangaré Yeresso allaient trop loin, et qu’il ait demandé des excuses à Soro en tant que Premier ministre.

Ce n’était pas un fait isolé :  Désiré Tagro - paix à son âme, avait déjà été interpellé pour des propos jugés violents. Mamadou Koulibaly aussi avait été recadré sur la question du désarmement.

Le Premier ministre Affi N’guessan avait animé aussi une conférence de presse et le Président Gbagbo était intervenu pour dire que les propos étaient violents. 

Mais cela ne justifie pas de dire aujourd’hui que Nady Bamba prenait les décisions à la place de Gbagbo. On tient toujours ce genre de propos à propos des épouses de dirigeants : hier Simone, avant cela d’autres, aujourd’hui Dominique Ouattara est aussi accusée de diriger le pays à la place de son époux.

Lorsque nous étions jeunes, on entendait dire que c’est la sœur du président Houphouët qui gouvernait à sa place. Pourtant, nous savons que ce n’est pas fondé. Un homme peut écouter sa femme ; elles ont parfois des intuitions que nous n’avons pas.

Je pense simplement que Blé n’avait pas tous les détails. Quand on ne les a pas, il faut demander. C’est sur ce point que je voulais intervenir.

Ensuite, un conseil que je veux donner à Blé : je trouve que la CPI parle trop. La prison est un lieu où les gens sont moralement, psychologiquement et physiquement éprouvés.

Il y a des choses que l’on peut dire en prison, mais une fois dehors, cela doit rester là-bas. J’ai grandi dans la tradition du bois sacré : ce qui s’y passe reste dans le bois sacré.

Quand tu l’exposes publiquement, tu perds ta dignité et ta crédibilité. Ceux que tu attaques se méfient de toi, et ceux à qui tu te plains se méfient aussi. La CPI parle trop, elle devrait être muette. 

Dire que Nady Bamba paralyse la gauche est également injuste. On ne peut pas rejeter la responsabilité sur une seule personne alors que ceux qui devaient structurer la gauche n’ont pas su résister. Qui a légitimé le quatrième mandat ? Ce n’est pas Nady. Parfois, à force de trop parler, on finit par dire des contre-vérités.

Pour conclure, je veux interpeler Blé Goudé pour dire que, un père reste un père. Par ailleurs, je ne l’ai jamais entendu dire le bienfait que Gbagbo lui a fait.

Sa parole aurait été crédible si elle avait été équilibrée. Gbagbo n’est pas un Satan, tout ce temps et il a su que Gbagbo était mauvais et lui il a suivi ce Gbagbo qui était mauvais. J’aurais aimé que, de temps en temps, il rappelle aux Ivoiriens ce que Gbagbo a accompli, politiquement, socialement et financièrement. »

 

Patrick KROU