AECI/Hervé Ayéméné : « La littérature n’est pas un luxe, mais un levier de transformation »
AECI/Hervé Ayéméné : « La littérature n’est pas un luxe, mais un levier de transformation »
Vice-président de l’AECI, Hervé Ayéméné conjugue engagement associatif et passion littéraire. Dans cet entretien, il partage sa vision, ses motivations et les défis du monde des écrivains ivoiriens.
Infodirecte.net : Pouvez-vous brièvement vous présenter aux lecteurs du magazine Infodirecte ?
Je suis ingénieur informaticien de formation, écrivain par passion et citoyen engagé dans plusieurs initiatives associatives, notamment au sein de la Jeune Chambre Internationale, du chapitre ivoirien de l’Internet Society, de l’Amicale des anciens élèves de la 21e promotion du Lycée scientifique de Yamoussoukro, de la Fédération des associations pour la promotion du numérique en Afrique et de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire.
En tant qu’écrivain, j’ai à mon actif quatre œuvres : un roman, un recueil de nouvelles, un essai et un recueil de blagues.
Infodirecte.net : Vous avez servi dans deux bureaux différents de l’AECI : celui de Macaire Etty et celui d’Hélène Lobé. Quel regard portez-vous sur ces expériences ?
Plus qu’un jugement, je porte un regard d’observateur engagé et solidaire. J’ai eu l’honneur de servir sous deux présidents aux visions assez similaires, animées par un même amour pour la littérature et la promotion des écrivains ivoiriens.
Sous la présidence de Macaire Etty, l’accent était particulièrement mis sur la promotion de la lecture, l’ouverture à l’international, le soutien aux jeunes écrivains et la formation des membres à travers des ateliers et des conférences.
Avec la présidente Hélène Lobé, nous sommes dans une continuité, avec une volonté de renforcer la proximité entre les écrivains et d’insuffler une dynamique empreinte de maturité, d’unité, de responsabilité et de solidarité.
Ces deux expériences m’ont permis de mieux comprendre la richesse, mais aussi les défis du milieu littéraire ivoirien. Chaque bureau a contribué à mon édification personnelle en tant que membre actif de l’association.
Infodirecte.net : Selon vous, qu’est-ce qui a motivé ces choix de vous confier des responsabilités ?
Je pense que cela tient avant tout à mon sens du devoir et à mon engagement dans le travail. J’ai toujours veillé à être fiable, à produire des résultats et à faire preuve de loyauté.
Grâce à mes expériences associatives, j’ai appris à m’adapter à différents styles de management, tout en restant fidèle à mes valeurs. Mais, au fond, les présidents concernés seraient les mieux placés pour répondre à cette question (rires).
Infodirecte.net : Vous êtes très actif. Qu’est-ce qui vous motive autant ?
Ce qui me motive, c’est la conviction que chaque compétence, chaque talent et chaque idée peuvent devenir une source d’impact positif lorsqu’ils sont mis au service des autres.
Le savoir doit circuler, se partager et se transformer en action. Mon engagement dans la littérature, la formation et la vie associative s’inscrit dans cette quête de sens : contribuer à éclairer les consciences, outiller les esprits et renforcer le tissu social.
Infodirecte.net : Que retirez-vous de votre engagement au sein de l’AECI ?
Ce que j’en retire est avant tout immatériel, mais profondément enrichissant. C’est une expérience de partage, de solidarité et d’intelligence collective.
J’y gagne des rencontres, des échanges d’idées et une meilleure compréhension des enjeux du milieu littéraire ivoirien. À travers la commission partenariat que je pilote, nous explorons de nouveaux canaux pour permettre aux écrivains de mieux promouvoir et vendre leurs œuvres.
Infodirecte.net : Vous proposez également des formations. Quels sont vos domaines d’intervention ?
Je dirais plutôt « en complément de mon métier » (rires). J’interviens comme consultant-formateur, notamment en gestion de projets et en digitalisation.
J’accompagne des associations, des porteurs d’idées et de jeunes entrepreneurs dans la structuration et la conduite de leurs projets. Je propose également des formations en leadership associatif.
Infodirecte.net : Quel regard portez-vous sur le monde littéraire en Côte d’Ivoire ?
Le monde littéraire ivoirien est riche, dynamique et en constante évolution. Il existe une grande diversité de plumes et de styles.
Cependant, il fait face à plusieurs défis, notamment le manque de structures solides de promotion et la difficulté pour les écrivains de vivre de leurs œuvres. Les récentes assises de l’AECI ont permis d’identifier ces enjeux.
Je salue toutefois des initiatives comme le SILA, le Festival Efrouba, le MILA, le concours Lectitude ou encore les concours scolaires d’écriture.
Je reste optimiste : le potentiel est immense et les initiatives se multiplient.
Infodirecte : Avez-vous des déceptions en tant que vice-président de l’AECI ?
Aucune déception. C’est un honneur, même si la mission est exigeante.
Il arrive que les moyens limités ou certaines contraintes freinent la mise en œuvre des projets. Cela peut être frustrant, mais je parle plutôt de prises de conscience.
Ces défis nous rappellent que le changement demande du temps, du dialogue et un engagement collectif durable.
Infodirecte.net : Quelles sont vos attentes ?
Elles sont à la fois personnelles et collectives.
Sur le plan personnel, je souhaite continuer à évoluer comme écrivain et toucher un public plus large.
Sur le plan collectif, j’espère voir émerger une véritable chaîne du livre en Côte d’Ivoire, structurée et soutenue par des politiques culturelles fortes. Je souhaite aussi une meilleure valorisation des écrivains.
Enfin, je souhaite que l’engagement associatif continue de produire des résultats concrets : passer de la passion à la professionnalisation.
Infodirecte.net : Votre mot de fin ?
Je lance un appel : valorisons la parole, le livre et la pensée. Écrivons, lisons, transmettons.
La littérature n’est pas un luxe, c’est un levier de transformation sociétale.
Merci à tous ceux qui œuvrent, souvent dans l’ombre, pour faire vivre la littérature en Côte d’Ivoire. Continuons à bâtir ensemble un espace littéraire vivant, audacieux et rayonnant.
Réalisé par Alain Dodet
