Présidentielle 2025 : Les médias appelés à une couverture indépendante, éthique et responsable

Présidentielle 2025 : Les médias appelés à une couverture indépendante, éthique et responsable

19/09/2025 - 11:23
Présidentielle 2025 : Les médias appelés à une couverture indépendante, éthique et responsable
Présidentielle 2025 : Les médias appelés à une couverture indépendante, éthique et responsable

Sur le thème « La couverture médiatique des élections en toute indépendance, entre pressions politiques, contraintes économiques, exigences déontologiques et responsabilités sociales », l’Autorité nationale de la Presse (ANP) a organisé, à l’occasion de la remise des parchemins aux auditeurs des Masterclass en spécialisation en journalisme politique et en grands genres journalistiques, un panel de haut niveau animé par deux experts, sous la modération de la journaliste Agnès Kraidy, conseillère technique du ministre de la Communication.

Le Dr Alfred Dan Moussa, l’un des panélistes, a, à travers une métaphore, comparé l’élection présidentielle de 2025 à un mariage entre la Côte d’Ivoire et le processus électoral : un événement qui, selon lui, devrait susciter un véritable enthousiasme national.

Ancien journaliste à Fraternité Matin, il a insisté sur la nécessité d’une couverture médiatique équilibrée sur tout le territoire, y compris dans les zones rurales souvent négligées : « Les journalistes doivent être proactifs et préparés. Les élections, on les connaît cinq ans à l’avance. Il faut donc s’organiser en conséquence. »

Le Dr Dan Moussa a également déploré que certains journalistes se réfugient derrière les prétendues “pressions politiques”, qu’il considère parfois comme une excuse à l’inaction ou au manque de professionnalisme. « La vraie pression, c’est celle de l’éthique professionnelle », a-t-il martelé.

Il a appelé les rédactions à anticiper les contraintes économiques en planifiant à long terme, car ces contraintes ne sauraient justifier une couverture déséquilibrée.

« Le journaliste est un vérificateur, pas un faiseur de rumeurs. L’enjeu majeur aujourd’hui, c’est la lutte contre les fake news, qui prolifèrent surtout en période électorale », a-t-il conclu.

Le second panéliste, Matar Sall, directeur de cabinet du président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) du Sénégal, a rappelé que le journaliste joue un rôle crucial dans la stabilité du pays.

« Même si l’élection est bien organisée, une mauvaise couverture peut enflammer une crise. Il faut éviter tout contenu qui incite à la haine, à la violence ou à la division », a-t-il averti.

Spécialiste du droit électoral, Matar Sall a insisté sur la responsabilité des médias, même ceux ayant une ligne éditoriale proche d’un parti politique : « La ligne éditoriale ne doit pas entraver l'équilibre de l'information. Il faut respecter l’équité (temps de parole selon la représentativité), l’égalité (notamment dans les médias publics) et l’équilibre (traitement équitable et impartial). »

Il a aussi mis en garde contre le phénomène des journalistes “embarqués” — un terme inspiré de Colin Powell : « Certains médias, par manque de moyens, envoient des journalistes “intégrés” dans les équipes de campagne. Ce n’est pas une excuse pour manquer d’indépendance. Le journaliste ‘’embarqué’’ doit rester critique, professionnel, impartial. Il n’est pas le porte-parole du candidat. »

Pour les panélistes, une couverture médiatique de qualité est indispensable pour garantir la transparence du processus électoral, la confiance du public et la stabilité du pays.
Les journalistes sont donc appelés à être : indépendants, malgré les pressions ; préparés, malgré les contraintes économiques ; Éthiques, dans leur pratique ; Responsables, dans la diffusion de l’information.

 

Patrick KROU