Marchés financiers et inclusion financière : La BRVM, un outil efficace au service des populations de l’UEMOA
Marchés financiers et inclusion financière : La BRVM, un outil efficace au service des populations de l’UEMOA
Marchés financiers et inclusion financière :La BRVM, un outil efficace au service des populations de l’UEMOA
La bourse apparaît comme un levier pour les Etats de financer leurs économies. Mais, elle permet aux populations de sécuriser leurs investissements et maximiser leurs profits.
Vue du siège de la BRVM à Abidjan en Côte d'Ivoire
Dans cette partie du monde, selon des estimations de la Banque Mondiale (BM), environ 40% des populations ne disposent ni de compte bancaire ni de compte mobile money.
Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle apparaît comme un handicap pour des économies qui se voient privées de ressources censées financer le développement économique et sociale des pays concernés.
Si globalement les économies africaines souffrent de la faiblesse de l’épargne, cette situation mérite d’être nuancée dans certains cas d’autant que sur certains marchés du continent, la situation connaît des améliorations significatives.
C’est le cas dans l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) où depuis 2024, le tableau de bord de la BCEAO, affiche un taux d’inclusion financière d’un peu plus de 73%.
Si ce taux semble satisfaisant, il n’en demeure pas moins qu’il cache quelques fragilités, dus notamment à la faiblesse structurelle du marché financier où la Bourse Régional des Valeurs Mobilières (BRVM) travaille depuis plusieurs années à offrir aux populations des opportunités d’investissement.
Fondée en 1998, la BRVM apporte une plus-value dans l’écosystème financier de la zone UEMOA. Commune au 8 pays de ce marché, à savoir la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina-Faso, le Mali, le Togo, Niger, la Guinée-Bissau, le Bénin, cette bourse représente 18% du PIB de cette zone.
Elle réalise des performances remarquables. Selon Edoh Kossi Amenounve, son Directeur général, avec 4 204,7 milliards de FCFA mobilisés sur le marché primaire en 2025, la BRVM a signé sa meilleure performance depuis sa création.
Le compartiment obligataire a représenté l’essentiel de cette levée, avec 3 684,9 milliards de FCFA, soit 87,6 % des ressources collectées. Saluée par les experts de la finance, cette performance est présentée comme une opportunité pour les populations d’optimiser leurs investissements.
« Quelqu’un qui a son argent sous un matelas ou qui a son argent sur un compte épargne lui rapportant 3% de taux d’intérêt peut investir en bourse et maximiser son épargne. Ces 3 dernières années, la BRVM a enregistré d’intéressants taux de croissance qui font que les personnes ayant investi sur le marché en 2022 ont doublé leur revenu en 2026.
C’est pourquoi, les populations gagneraient à s’y intéresser en y investissant » analyse Herman Boua, Dg de Joseph & Daniel advisory, 1ère société de recherche indépendante de la zone UEOMA.
Quant à Brice Kouao, fondateur de l’école de la Bourse, il souligne que dans un contexte marqué par la cherté de la vie investir en bourse peut se révéler une solution efficace et durable : « Si vous êtes salariés en Côte d’Ivoire ou ailleurs, vous constatez qu’avec la cherté de la vie, les choses deviennent de plus en plus difficiles. Une solution serait de développer des revenus additionnels.
La bourse peut aider à cela », indique-t-il. Mais, il serait erroné de croire que la bourse n’est faite que pour des populations vivant exclusivement sur le territoire de l’UEMOA. Car, ce marché peut également intéresser les diasporas africaines disséminées partout dans le monde : « des Africains vivant dans des pays européens ou américains ont souvent envie d’investir dans leur pays d’origine, mais craignent pour la sécurité de leur investissement. Investir en bourse, c’est sécuriser son investissement » conseille Brice Kouao.
Opportunité d’investissement sécurisé, la BRVM peut donc favoriser l’inclusion financière. Mais, comment y investir ?
Une démarche relativement simple
Pour beaucoup, l’investissement en bourse paraît compliqué et réservé aux traders. Cette image de structure austère est de plus en plus déconstruit. Pour Landry Wilifried N’Guessan, Commercial à BOA Capital, une SGI exerçant en Côte d’Ivoire, pour ouvrir un compte-titre, la démarche est relativement simple.
Quelques documents (CNI, Relevé de compte bancaire, certificat de résidence…) sont nécessaires et 500.000 F Cfa comme capital de départ. Ce montant constitutif du capital de départ varie. La Côte d’Ivoire compte une quarantaine de SGI où le capital de départ varie entre 500.000 et 1.000.000 F Cfa.
Détenir des actions dans une société permet d’être propriétaire d’une partie de cette société. Ce qui donne des droits. Comme le fait d’avoir des dividendes. « Sur les actions, nous avons deux niveaux de revenus qu’on peut obtenir.
Nous avons les dividendes et les plus-values…En bourse, il est conseillé d’investir sur le long terme, c’est-à-dire laisser les actions prendre de la valeur » conseille Landry N’Guessan.
La BRVM reste non seulement une opportunité pour les Etats mais, aussi un levier pour les populations de diversifier leurs revenus et maximiser leurs profits dans un contexte où l’inflation a tendance a contracté le pouvoir d’achat.
Edoh Kossi Amenounve, Directeur général de la BRVM (Photo DR)
PATRICK KROU
Encadré
Le Troisième Compartiment : Un tremplin vers la transparence
La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) confirme sa vitalité. Avec une capitalisation des actions franchissant la barre des 15 700 milliards de FCFA ce 14 mai 2026, elle ouvre grand ses portes aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) à fort potentiel.
Longtemps perçue comme un club fermé réservé aux multinationales et aux banques, la BRVM a réussi son pari avec le Troisième Compartiment. Ce segment dédié aux PME offre des conditions d'admission assouplies, tout en exigeant une rigueur de gestion qui rassure les investisseurs. « Rejoindre la cote n'est pas seulement une affaire de levée de fonds, c'est un saut qualitatif en matière de gouvernance, » explique Koffi Francois le fondateur d'une entreprise agro-industrielle certifiée par le Programme Élite.
« Grâce à la visibilité boursière, nous avons pu mobiliser des ressources à long terme pour automatiser nos lignes de production, ce qu'aucune banque ne nous proposait avec une telle flexibilité. »
Le succès du compartiment Croissance repose en amont sur le Programme Élite. En préparant les dirigeants aux réalités du marché financier, ce programme a déjà permis aux Pme de l’Union de lever près de 22 milliards de FCFA via des mécanismes variés (obligations par placement privé, private equity).
Pour une dirigeante de Pme, Tall Fatou, dans le secteur des services au Sénégal, « Le plus dur était de briser le tabou de l'ouverture du capital. Aujourd'hui, nous comprenons que partager une partie de notre entreprise nous permet de la faire grandir plus vite et de la pérenniser. »
Patrick KROU
