Gagnoa : Bras de fer entre planteurs de cacao et projet minier à Olibribouo

Gagnoa : Bras de fer entre planteurs de cacao et projet minier à Olibribouo

12/05/2026 - 08:45
Gagnoa : Bras de fer entre planteurs de cacao et projet minier à Olibribouo
M. Otro Hurber président local de la mutuelle de développement culturel de Olibribouo ( MUDECO)
Gagnoa : Bras de fer entre planteurs de cacao et projet minier à Olibribouo
Gagnoa : Bras de fer entre planteurs de cacao et projet minier à Olibribouo
Gagnoa : Bras de fer entre planteurs de cacao et projet minier à Olibribouo

Les producteurs de cacao du village d’Olibribouo, situé dans la sous-préfecture de Gnagbodougnoa (environ 22 km de Gagnoa), tirent la sonnette d'alarme.

M. Adji Charles président de la jeunesse de Olibribouo

Ils réclament le paiement effectif de leurs indemnisations dans le cadre d’un projet d’exploitation minière porté par la société LANGUNE EXPLORATION AFRIQUE SA (LEA).

Une attente forte chez les planteurs

Selon plusieurs exploitants rencontrés sur place, de vastes superficies de cacaoyers sont situées dans le périmètre direct de la future mine. Pour ces producteurs, le démarrage des travaux ne peut s’envisager sans une compensation financière préalable.

Porte-parole des agriculteurs impactés, M. Ourigou Valentin Djoga insiste sur la transparence du processus :

« Nous cultivons ces terres depuis des décennies. Face à ce projet minier, nous exigeons que nos droits soient respectés et que les indemnisations soient versées rapidement pour nous permettre de pérenniser nos activités. »

Il a par ailleurs désigné M. Bougnon Adji, dit « Le Parisien », comme la personne ressource pour centraliser les informations fiables sur le projet.

M. Ourigou Valentin Djoga porte-parole des producteurs concernés

Les femmes et les jeunes demandent plus d'inclusion

L'inquiétude gagne également les rangs féminins. Mme Lotchi Djahi Chantal, vice-présidente des associations féminines d’Olibribouo, déplore un manque de concertation :

« Nous sommes trop souvent tenues à l’écart des discussions, alors que nous subissons de plein fouet les conséquences de ces mutations », regrette-t-elle, appelant à une inclusion de toutes les couches sociales.

De son côté, M. Adji Charles, président de la jeunesse locale, se veut plus rassurant. Il confirme que les autorités administratives, notamment le Préfet de région du Gôh et le Préfet de Gagnoa, ont déjà reçu les leaders communautaires pour garantir que chaque producteur impacté sera dédommagé conformément à la loi.

Mme Lotchi Adji Chantal vice-présidente des associations féminines de Olibribouo

Un appel au dialogue et à la paix sociale

M. Otro Hurber, président de la Mutuelle de Développement Culturel d’Olibribouo (MUDECO), exhorte au calme :

« Le processus s’inscrit dans un cadre légal. Les producteurs seront indemnisés selon les dispositions prévues. Nous privilégions le dialogue. »

Une position partagée par M. Zagol Babou Christian, président de l’ONG PROSPIRA, qui rappelle que « le développement minier ne doit pas se faire au détriment des droits humains ».

Toutefois, une zone d'ombre subsiste. Interrogé par notre équipe, M. Bougnon Adji, le guide du projet, a refusé de préciser le nombre exact de producteurs concernés ou la superficie totale impactée, laissant planer une certaine incertitude technique.

Au-delà de la mine : l'urgence du développement

Ce projet minier cristallise également les attentes sociales d’une population en quête de modernité. Au-delà des compensations individuelles, les habitants d’Olibribouo sollicitent :

La réhabilitation du groupe scolaire Olibribouo 1-2 ;

La clôture du centre de santé urbain et la construction d'un logement pour le médecin-chef ;

L’édification d’un marché moderne ;

La réalisation d’un château d’eau potable.

Contexte démographique

Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2021, Olibribouo compte 1 673 habitants. L’économie locale, pilier de la région du Gôh, repose essentiellement sur le binôme café-cacao et les cultures vivrières.

Par DJACK ZOLA