Charles Blé Goudé : « Une autre Côte d’Ivoire est encore possible »
Charles Blé Goudé : « Une autre Côte d’Ivoire est encore possible »
Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a animé mercredi 28 janvier 2025, une conférence publique au Plateau autour du thème « Une autre Côte d’Ivoire est encore possible ». Une prise de parole marquée par un diagnostic lucide de la situation nationale et la présentation d’un projet politique alternatif fondé sur l’essentiel et les priorités
Un contexte électoral encore douloureux
Revenant sur l’année 2025, dominée par l’élection présidentielle d’octobre et les législatives de décembre, Charles Blé Goudé a rappelé les tensions récurrentes liées aux processus électoraux en Côte d’Ivoire. Il a souligné les efforts entrepris par l’opposition pour favoriser le dialogue politique et des élections inclusives, efforts qui, selon lui, n’ont pas abouti.
L’absence de réformes électorales, la non-révision de la liste électorale et la radiation de plusieurs leaders politiques ont, d’après le président du COJEP, contribué à un climat électoral tendu ayant occasionné des morts, des blessés et des détenus.
Hommage aux victimes et appel à l’apaisement
Au cours de son intervention, Charles Blé Goudé a renouvelé son appel à la libération des personnes détenues à la suite des élections et a invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire des victimes des violences électorales, notamment celles de Nahio, ainsi que le sous-lieutenant de gendarmerie Daniogo Klénon Lassina.
Il a, par ailleurs, lancé un nouvel appel au dialogue à l’endroit des autorités, estimant que le climat post-électoral offre une opportunité pour engager des réformes institutionnelles et électorales durables.
Une croissance économique peu ressentie par les populations
Sur le plan socio-économique, le leader du COJEP a dressé un tableau préoccupant du quotidien des Ivoiriens. Malgré une croissance macroéconomique affichée, celle-ci reste, selon lui, peu inclusive et sans impact réel sur le pouvoir d’achat des ménages.
La cherté de la vie, l’augmentation des loyers, la difficulté d’accès aux soins, au logement et à l’emploi, ainsi que la précarité des jeunes et des paysans ont été longuement évoquées.
L’éducation et la jeunesse au cœur des inquiétudes
Charles Blé Goudé a particulièrement insisté sur la crise du système éducatif, rappelant que près de 83 % des enfants ivoiriens âgés de 10 ans ne savent ni lire ni comprendre un texte adapté à leur âge, selon des données de la Banque mondiale et de l’UNESCO.
Il a cité l’exclusion de plus de 1 300 élèves dans la région d’Adzopé comme illustration de cette crise, qu’il juge alarmante pour l’avenir du pays.
« Gouverner par l’essentiel et les priorités » : un projet de société
Face à ces défis, le président du COJEP a présenté les grandes lignes de son projet politique, résumé par le concept : « Gouverner par l’essentiel et les priorités ».
- L’essentiel : les valeurs, l’unité nationale, la dignité, l’amélioration du pouvoir d’achat et la création d’une classe moyenne forte.
- Les priorités : l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes, la sécurité, la lutte contre la corruption et l’intégrité de l’administration publique.
Neuf axes majeurs pour une autre Côte d’Ivoire
Le projet politique de Charles Blé Goudé s’articule autour de neuf grands axes, notamment :
- la refondation des valeurs sociales et démocratiques ;
- la réforme en profondeur du système éducatif ;
- la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes ;
- la modernisation du système de santé ;
- la réforme de la protection sociale ;
- la lutte contre la pauvreté et la cherté de la vie ;
- la modernisation de l’agriculture ;
- la lutte contre la corruption et la refonte de l’administration ;
- des réformes institutionnelles et démocratiques ambitieuses.
Un engagement politique assumé
En conclusion, Charles Blé Goudé a réaffirmé son ambition d’accéder démocratiquement à la présidence de la République, convaincu que seule une gouvernance fondée sur la justice sociale, la transparence et la proximité avec les populations permettra de restaurer la dignité des Ivoiriens.
« Une autre Côte d’Ivoire est encore possible, si nous croyons en nous-mêmes, si nous refusons la fatalité et choisissons l’espérance », a-t-il déclaré.
David Kouamé
