Motema Pembé 2026 à Assiè Akpéssé : Quand la culture devient moteur de développement et rempart pour la terre

Motema Pembé 2026 à Assiè Akpéssé : Quand la culture devient moteur de développement et rempart pour la terre

06/04/2026 - 19:25
Motema Pembé 2026 à Assiè Akpéssé : Quand la culture devient moteur de développement et rempart pour la terre
Motema Pembé 2026 à Assiè Akpéssé : Quand la culture devient moteur de développement et rempart pour la terre
Motema Pembé 2026 à Assiè Akpéssé : Quand la culture devient moteur de développement et rempart pour la terre
Motema Pembé 2026 à Assiè Akpéssé : Quand la culture devient moteur de développement et rempart pour la terre
Motema Pembé 2026 à Assiè Akpéssé : Quand la culture devient moteur de développement et rempart pour la terre

Il aura suffi de trois jours pour que la discrète localité d’Assiè Akpéssé, dans le département de M’Batto, se transforme en véritable carrefour culturel et intellectuel.

Du 3 au 5 avril, plus de 5.000 festivaliers ont convergé vers l’Espace Public, théâtre de la 18ᵉ édition du festival « Motema Pembé », confirmant l’ancrage de cet événement dans le paysage socioculturel ivoirien.

Dès les premières heures, l’affluence record a donné le ton. Entre prestations artistiques, danses traditionnelles et expositions culturelles, la ferveur populaire n’a jamais faibli. Plus d’une trentaine d’artistes ont offert un spectacle riche et authentique.

« Ici, ce n’est pas seulement un festival, c’est l’âme de notre peuple qui s’exprime », confie un festivaliér, submergé par l’émotion. Cette mobilisation traduit un attachement profond des populations à leur identité culturelle, érigée en socle de cohésion sociale.

« La terre, notre héritage » : un thème qui interpelle

Au cœur de cette édition, le thème « La terre, notre héritage » a donné une dimension particulière aux échanges. Prenant la parole, le commissaire général, le Professeur Edia Oi Edia, a lancé un appel fort à la responsabilité collective.

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants », a-t-il déclaré, citant l’écrivain Wendell Berry. Avant d’ajouter : « La terre, indissociable de la nature, est un bien précieux que nous devons préserver pour les générations futures ».

Dans le prolongement des réflexions, un panel d’experts a mis en lumière les défis liés à la gestion foncière en Côte d’Ivoire. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une sécurisation accrue des terres.

« La question foncière est au cœur de la paix sociale. Sans une gestion rigoureuse, les tensions risquent de s’exacerber », a alerté un universitaire, appelant à une implication renforcée des communautés et des autorités.

Au-delà des discours, le festival se distingue par ses impacts tangibles. Le parrain de l’événement, N’Guessan Oi N’Guessan Pierre, a salué les réalisations issues des précédentes éditions.

« Motema Pembé est un véritable outil de développement local », a-t-il affirmé, citant la construction d’un logement pour la sage-femme et celle du groupe scolaire Ahoua N’doli. Il a également annoncé de nouveaux projets, notamment la clôture du centre de santé.

La présence de l’ambassadrice du Canada en Côte d’Ivoire, intronisée sous le nom de « Manmin Yah », a apporté une dimension diplomatique et symbolique à l’événement.

« Je suis honorée par cette distinction. L’accueil ici est exceptionnel », a-t-elle déclaré, visiblement marquée par la chaleur humaine et l’organisation du festival.

Clôturée le dimanche 5 avril, en pleine célébration pascale, cette 18ᵉ édition restera gravée comme celle de la maturité. Entre valorisation culturelle, sensibilisation et actions de développement, « Motema Pembé » confirme son rôle de catalyseur social.

Assiè Akpéssé aura, le temps d’un week-end, démontré que la culture peut être bien plus qu’un héritage : un levier d’avenir.

 

Josué Koffi