Man : Le Festival Tonkpi Nihidaley s’ouvre sous le signe de la réflexion et de la tradition
Man : Le Festival Tonkpi Nihidaley s’ouvre sous le signe de la réflexion et de la tradition
L’ouverture de la 8ᵉ édition du Festival Tonkpi Nihidaley, ce 3 décembre à Man, a été marquée par un colloque d’une grande densité intellectuelle consacré au thème « Culture et Alliances Interethniques ».
Fidèle à la tradition instaurée depuis 2017, ce rendez-vous scientifique a, une fois encore, posé les bases des célébrations qui se poursuivront jusqu’au 6 décembre. Universitaires, autorités administratives et acteurs culturels ont longuement échangé autour de la place, de l’évolution et de la pertinence contemporaine des alliances interethniques.
Douze communications ont été programmées sous la coordination du professeur Gonin Gilbert, président du comité scientifique, en présence du représentant du professeur Haïdara de l’ASCAD.
Dans son exposé d’ouverture, le professeur Bamba Lou Mathieu, commissaire général du festival, a rappelé que la culture est un ensemble vivant, vaste et holistique.
Il a insisté sur la nécessité d’étudier les alliances interethniques comme un mécanisme ancestral de régulation sociale, dont la valeur demeure malgré les mutations liées à la modernité.
Le colloque, a-t-il précisé, doit permettre d’évaluer leur état actuel, leur capacité réelle à prévenir les tensions et les moyens de les préserver.
Le secrétaire général de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, Diamoutene Oumar Doh, a mis en avant la portée éthique de ces alliances, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption.
Il a rappelé que la culture constitue la première école de l’intégrité et que des valeurs telles que la loyauté, la probité ou le respect de la parole donnée doivent guider la jeunesse.
Le parrain du colloque, le ministre-gouverneur Albert Flindé, a, lui aussi, salué la pertinence du thème. Il a souligné le rôle profondément social des alliances interethniques, capables d’apaiser les tensions et de renforcer la cohésion.
Il s’est réjoui de l’ouverture du festival à d’autres horizons culturels, notamment avec la participation du peuple du Gontougo et des Igbos du Nigeria.
Le PCA du festival, le ministre conseiller Albert Mabri Toikeusse, a rappelé que ce colloque constitue le socle de réflexion indispensable avant l’effervescence populaire des festivités.
Il a souhaité que les conclusions alimentent des initiatives concrètes en faveur de la paix, de la cohésion et du développement durable. Tout en étant au cœur de cette première journée, le colloque n’a pas été le seul temps fort.
Le programme s’est également enrichi de l’ouverture de la case sacrée, moment symbolique fort; de l’espace enfant, installé pour sensibiliser et divertir les plus jeunes; de la soirée dédiée aux contes et légendes, qui a célébré la tradition orale; ainsi que des premières activités du Tonkpi Tour, vitrine touristique du festival. Ces temps festifs et culturels ont complété la dimension intellectuelle du colloque sans en détourner l’essentiel.
La 8ᵉ édition du Festival Tonkpi Nihidaley s’ouvre ainsi sous le signe de la réflexion, de l’ancrage identitaire et de la transmission, avant que la ville de Man n’entre pleinement dans quatre jours de célébrations.
Momo Rachid
