Le Chanté Nwel : Georges Ravoteur ravive la flamme d’un symbole de joie et derésistance culturelle

Le Chanté Nwel : Georges Ravoteur ravive la flamme d’un symbole de joie et derésistance culturelle

23/12/2025 - 02:36
Le Chanté Nwel : Georges Ravoteur ravive la flamme d’un symbole de joie et derésistance culturelle
Le Chanté Nwel : Georges Ravoteur ravive la flamme d’un symbole de joie et derésistance culturelle

Le 20 décembre 2025, à Bingerville-Cité des Grâces 1, Georges Ravoteur, créateur et promoteur du carnaval Ivoiro-antillais, a orchestré le Chanté Nwel, une fête chrétienne imprégnée des traditions antillo-guyanaises.

Cet événement a réuni la communauté locale dans une ambiance festive, permettant aux participants de redécouvrir les chants religieux tout en s’immergeant dans les danses et la gastronomie des îles des Amériques.

Le terme « Chanté Nwel » signifie littéralement « chanter Noël » en français. Cette célébration possède des racines profondes, remontant à l’époque de l’esclavage dans les Antilles. Georges Ravoteur souligne que « l’origine du Chanté Nwel est ancrée dans le Code Noir, un ensemble de lois destinées à asservir les Noirs captifs.

Ce code exigeait que les esclaves soient baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine ». Cette imposition religieuse a engendré un mélange culturel singulier, où les esclaves, déracinés de leur terre d’origine, ont fusionné leur riche héritage africain avec des textes catholiques européens.

Initialement, le Chanté Nwel se concentrait sur des cantiques traditionnels agrémentés d’improvisations en créole, souvent plus profanes que sacrées.

Ces chants étaient accompagnés de sonorités musicales typiques des Antilles, avec des tambours résonnants, grâce à l’enseignement musical dispensé par les Jésuites, qui avaient formé certains esclaves à la pratique d’instruments pour les offices religieux.

Hubert Gnapié, un participant à cette célébration, partage son ressenti : « Pour moi, c’est un retour à une création issue du fouet du maître de l’esclave, qui, sans le savoir, a engendré une tradition qui se perpétue dans le temps ».

Cette réflexion met en lumière le paradoxe entre souffrance et résilience, où une culture née dans l’oppression a réussi à s’épanouir et à se transmettre à travers les générations.

Si les chants de Noël conservent souvent leurs paroles d’origine en français, ils sont fréquemment adaptés au rythme des Antilles. On y retrouve des styles musicaux tels que le gwo ka ou la biguine, particulièrement populaires en Guadeloupe.

Des adaptations en créole enrichissent également le répertoire musical de cette fête, notamment pour les refrains.

Au-delà des chants, le Chanté Nwel se révèle être une célébration communautaire, intégrant des moments de danse, des partages de repas et un service de boissons traditionnelles.

Ces éléments renforcent les liens sociaux et culturels entre les participants, créant une atmosphère conviviale et joyeuse.

En organisant cet événement, Georges Ravoteur ne se contente pas de revendiquer la richesse de son héritage culturel, mais il contribue également à sa préservation.

En rassemblant les générations autour de cette tradition, il s’assure que les jeunes prennent conscience de leur histoire et de l’importance de leurs racines. 

Le Chanté Nwel devient alors un symbole de résistance et de célébration, un moment où la douleur du passé se transforme en joie collective.

En somme, la célébration du Chanté Nwel dépasse le cadre d’une simple fête ; c’est un acte de mémoire et un hommage à l’héritage culturel antillo-guyanais.

Cette célébration rappelle à chacun l’importance de la culture dans la construction de notre identité, ainsi que le rôle de l’éducation dans la transmission de nos valeurs.

 

Ouattara Koffi