3e édition de la SNP : La lutte contre la désinformation au cœur des débats
3e édition de la SNP : La lutte contre la désinformation au cœur des débats
Du 23 au 27 mars 2026, l'Autorité nationale de la presse (ANP) organise la 3e édition de la Semaine nationale de la presse (SNP) sur le thème central : « Comment mieux s'informer ? ». Ce lundi 23 mars, à la salle Kodjo Ébouclé du Palais de la culture Bernard B. Dadié d'Abidjan-Treichville, journalistes professionnels, professeurs de médias, enseignants-chercheurs, représentants du ministère de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique, ainsi que des étudiants, ont assisté à la cérémonie d'ouverture.
Pour Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, la lutte contre la désinformation est un combat de tous les instants, car elle cible avant tout les populations vulnérables. C'est pourquoi l'État, dit-il, souhaite doter les citoyens d'outils d'analyse fiables : la lutte contre les fakes news est une responsabilité collective.
« Le thème de l'édition 2026 de la Semaine nationale de la presse, "Comment mieux s'informer", est un signal fort et une invitation adressée à chaque citoyen à devenir acteur de sa propre information.
C'est une invitation à plus de responsabilité dans notre consommation de l'information Chaque citoyen doit devenir acteur de son information : vérifier une information est un acte civique, et refuser la manipulation contribue à la paix sociale », a déclaré le patron de la communication en Côte d'Ivoire.
S'adressant aux élèves et étudiants - ces jeunes générations hyperconnectées en première ligne, que l'on désigne par les appellations Gen Z, Gen Alpha ou Gen Beta -, Amadou Coulibaly a insisté sur la nécessité de cultiver un esprit critique et le doute cartésien face aux contenus viraux.
« À vous, je voudrais dire ceci : une information qui circule vite, qui cumule des vues et des "likes", n'est pas nécessairement une information vraie.
Apprendre à vérifier, c'est refuser d'être manipulé. En apprenant à douter sainement, vous ne devenez pas sceptiques, mais des citoyens responsables, contribuant ainsi à la paix et à la cohésion sociale dans notre pays », a-t-il conseillé.
Si l'intelligence artificielle demeure une opportunité indéniable pour les journalistes et les médias, le journaliste — en tant que ‘’traiteur de l'information’’ — reste néanmoins irremplaçable, grâce à l'éthique et au jugement humain qui lui sont indispensables.
« Les systèmes d'intelligence artificielle peuvent se tromper. La dimension humaine demeure essentielle. L'éthique, notamment face à la montée des deepfakes et des contenus générés, constitue votre première ligne de défense.
Et cette éthique reste fondamentalement humaine : aucune machine ne peut la remplacer. Si l'IA peut aider à vérifier certaines données, elle ne doit en aucun cas remplacer le journaliste.
L'émotion, la compréhension du contexte local et la rigueur déontologique demeurent l'apanage de l'humain. Vous avez donc un rôle essentiel à jouer », a martelé le ministre-porte-parole du Gouvernement.
Amadou Coulibaly a conclu son propos en saluant l'ANP pour son rôle majeur dans l'éducation aux médias, à travers la formation des citoyens à l'information, un levier essentiel pour la construction d'une société numérique saine.
À la tribune, Samba Koné, président de l'ANP, a rappelé que dans un monde où l'information de qualité se fait rare, où le numérique et l'intelligence artificielle se révèlent comme des vecteurs d'une nouvelle pandémie
— « l'infodémie »
—, le journaliste risque, s'il n'y prend garde, d'être submergé dans un océan de diffuseurs anonymes. « À l'heure où les algorithmes favorisent le sensationnel, où il n'a jamais été aussi aisé de faire avaler des couleuvres, mieux s'informer devient un véritable acte de résistance citoyenne », a fait remarquer le régulateur de la presse en Côte d'Ivoire, par ailleurs, initiateur de la SNP.
Pour cette édition 2026, une quarantaine d'établissements secondaires, supérieurs et techniques accueilleront les activités de la SNP.
La première journée a ouvert le débat sur le thème « Comment mieux s'informer aujourd'hui : enjeux citoyens et responsabilités des médias », animé par les docteurs Alfred Dan Moussa, ancien directeur de l'ISTC Polytechnique, et Amidou Touré, enseignant-chercheur à l'Université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan.
Patrick KROU
