Vente illicite de médicaments de la rue / Après sa démolition ‘’Roxy’’ transporté dans les marchés d’Abidjan.

Des vendeuses de médicaments de la rue à Adjamé  (Roxy) continuent leur commerce, malgré la destruction de leur ‘QG’’ par la ministre Raymonde Goudou Coffie et la menace du gouvernement ivoirien. Notre équipe de reportage s’est rendue au grand marché d’Abobo pour savoir plus sur la commercialisation des médicaments de la rue les vendredi 9 et 23 février 2018 à 9h30mn.

Après la démolition du marché de médicaments d’Adjamé-Roxy, les vendeuses de médicaments d’Adjamé Roxy restent toujours assises derrière leurs étals et continuent leur activité, dans les marchés de leurs différents quartiers.

Après plusieurs annonces faites par le gouvernement Ouattara pour la destruction de ce site, c’est en début du mois de mai 2017 qu’elle a été effective. Le marché de Roxy est situé non loin de la  mosquée d’Adjamé et du commissariat du marché au Forum à proximité d’une décharge. Ce marché est toujours animé, du matin jusqu’au soir, entre 07 heures et 18heures 30 minutes, voire les dimanches.

De temps à autre, des vendeuses de médicaments se chamaillent avec les passants qu’elles accusent de déranger leurs étals à cause de l’étroitesse du passage. Et des fois ces échanges conduisent à une bagarre dont certaines se blessent.

La ministre  de la santé, Raymonde Goudou Coffie s’est même félicitée pour la destruction de ce site. C’est toujours le statu quo. Car ces vendeuses se moquent du gouvernement. Elles semblent sereines sur tous les plans comme le dit dans le jargon ivoirien ‘’ ça va pas quelque part’’.

En juillet 2013, une opération de déguerpissement avait permis à la Direction de la police des stupéfiants et des drogues (Dpsd) de saisir plus de 10 tonnes de médicaments à “Adjamé Roxy“.

Etant à Roxy le vendredi 29 janvier 2016 à 10 heures, ces commerçantes ont nié cette information et ont affirmé que la RTI publie les vidéos en montrant des montages. « Non, ce ne sont pas nos médicaments qu’ils ont brulé, ce sont les montages ou bien ces images viennent d’un autre pays voisin dont les journalistes ont fait le commentaire ! Voir des millions partis en fumée pour quoi ? Tout le monde mange dans notre commerce ! » confirme une commerçante à la vingtaine au marché d’Abobo.

« Les autorités nous ont rien dit Madame. Ils ont seulement détruit ‘’Roxy’’. Mais on continue notre commerce. Les autorités ont dit quoi ? On n’est pas au courant du danger des médicaments de la rue. On ne peut pas arrêter ce commerce, y a longtemps on  vend médicament, ça ne tue pas » affirme en chœur trois vendeuses dans un français approximatif dans le grand marché d’Abobo ‘’ Roxy annexe’’.

Les détaillantes dont une au Mahou non loin du commissariat du 22ème, l’autre au Dokui Azur précisément la voie non bitumée en face de la Pharmacie Azur  exercent cette activité depuis près de 8ans. Après, investigation, le taux de chômage élevé, la pauvreté encouragent ces dames à commercialiser ces produits à risques.

« C’est de cette activité que nous parvenons à subvenir à nos besoins et nous permettre de nourrir notre famille » expliquent-elles.

Si les autorités veulent nous interdire de pratiquer ce commerce, on va manger quoi et comment ? » S’interrogent-elles.

A côté de ces dames une autre détaillante au marché d’Aboboté, remue  la tête et dit dans l’ironie : « même les autorités dont tu parles, viennent payer les médicaments chez nous. Certains pharmaciens s’approvisionnent chez nous, ce n’est pas tous on dit. Ils n’ont qu’à nous laisser faire notre commerce en paix.», affirme Ami. D, avec sérénité.

Elles sont près de 8.000 femmes vendeuses de médicaments de rue dans ce marché à ciel ouvert de Roxy, selon le ministre de la santé.  La destruction  du marché de ‘’Roxy’’ n’est pas la première fois à Abidjan.

Une année, quelques jours après une “descente musclée“, les femmes sont revenues s’installer, comme pour braver les autorités. Selon le ministre de la santé, Adjamé Roxy « est un marché qui rapporte énormément, car les médicaments sont des denrées très prisées et ils sont mis sur le marché sans passer par la réglementation ».

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la vente  illicite des médicaments représente dans certains pays jusqu’à 60% des volumes vendus. Ce fléau planétaire (10% du marché mondial des médicaments) est à l’origine des millions de morts.

Les médicaments que l’on peut trouver avec les vendeuses de Roxy

Des médicaments vendus à Roxy sont : le matériel médical (kits de césarienne, d’accouchement, tests rapides : grossesse-palu-diabète) ; l’anti-hypertension ;l’antitussif ; la soluté, les vitamines, les médicaments interdits comme les (thénacors) ; l’antalgique ; l’anti-inflammatoire ;le complément alimentaire (vitamines) ;l’antipaludique (retiré de la vente ex, le chloroquine et Ammoniaque) ; l’antituberculeux (gratuit) ;l’antianémique ;l’anti-hémorroïdaire ;l’antituberculeux ; l’antibiotique ;les déparasitant ;le dysfonctionnement érectile (aphrodisiaque) ; le dysménorrhée (règle douloureuse) ;les contraceptifs oraux et injectables ; les liquides (eau) pour la préparation injectable ; le psychotrope ; le précurseur (alcool éthylique) et autres…

Ces dames vendent ces médicaments sur ordonnances. Et compte tenu du taux d’analphabète élevé parmi elles, plusieurs n’arrivent pas à lire sur ces ordonnances.

Comment font-elles pour lire les ordonnances ?

« Un médecin titulaire reconnu par l’Etat est recruté pour lire les ordonnances. Il est payé à 10000 FCFA la journée/ par personne peu importe, le nombre d’ordonnances qu’il aura lu par commerçante. Ils passent selon leur programme dans les CHU de la place. Ceux qui ont droit à ce ‘’gombo’’ sont ceux qui font souvent les gardes. A la décente au petit matin, il passe à Roxy pour continuer son travail, prend son argent et rentrer à la maison, » poursuit notre informateur. Après destruction, tous se fait avec prudence et par code.

Qui approvisionne ces commerçantes ?

Ces vendeuses s’approvisionnent dans les pays voisins Ghana, Togo… dans les couvents, les ONG, les organisations, les hôpitaux, même les laboratoires de la place. Certaines vendeuses affirment d’être approvisionnées par les pharmacies de la place.

Comment ces femmes s’approvisionnent-elles ?

« C’est une véritable mafia. Un réseau secret bien organisé pour faire circuler les médicaments à des différentes frontières. Nous avons des personnes de confiance dans chaque pays, qui font circuler les médicaments jusqu’à sa destination en Côte d’Ivoire.

Certains corps habillés font partir de nos réseaux pour faire circuler et déposer dans le grand magasin chez la patronne dont tous viennent pour l’approvisionnement. Les commissaires mangent dedans (ministre, maire, corps habillé, pharmacien en outre plusieurs autorités s’enrichir dans notre commerce.

Qui sont les consommateurs potentiels de Roxy

Ce sont les populations à faible revenus qui se soignent à Roxy. « Nous n’avons pas l’argent pour acheter les médicaments qui se vendent dans nos pharmacies. Ceux qui se vendent en pharmacies sont très coûteux. A Roxy, les médicaments sont moins coûteux. Nous avons l’habitude de nous soigner à Roxy pour le moment sans problème» a affirmé, A.S, chauffeur de transport commun appelé communément   ‘’gbaka ‘’.

 

Les commerçants de ‘’Roxy’’ continuent la vente de médicaments illicites dans les marchés d’Abidjan.

 

 

 

 

Monique TANO

 

Encadré

Avis  d’un directeur et d’un médecin-pharmacien

Selon un directeur général qui requis l’anonymat  « la Côte d’ivoire ne fabrique pas de médicaments voire une plaquette de paracétamol. Donc, si les médicaments vendus à la pharmacie sont les même commercialisés avec les vendeuses de ‘’Roxy’’, cela  veut dire que ce sont les mêmes personnes qui mettent les étiquettes ou qui testent les médicaments qui font sortir les médicaments. Ces femmes ont des problèmes de conservation. »

Selon la même source, les médicaments ne supportent pas la chaleur, or, ils sont exposés en air dans la poussière. Donc, elles ont préféré mettre les médicaments dans les ‘’thermos’’ contenant des glaces. Mais, lorsque les glaces finissent, elles mettent les médicaments dans le contenu d’eau glacée pour vendre.

Quant au pharmacien que nous avons approché le samedi 17 mai dernier dans sa structure à  Cocody, sous le sceau de l’anonymat, a également affirmé que ce marché fait perdre 25% de leur recette. Et qu’après la crise, ce phénomène a pris plus d’ampleur. Pour lui, un pharmacien qui a fait une formation en pharmacie ne peut pas mettre la vie de la population en danger en donnant les médicaments périmés aux femmes de Roxy pour en avoir plus de l’argent en lieu place de les brûler.

Notre pharmacien s’est prononcé sur la menace faite par l’Etat ivoirien aux pharmacies qui font des remises sur les prix des médicaments. « Moi, dans ma pharmacie, nous n’augmentons pas le prix des médicaments. Donc cette menace ne concerne pas ma pharmacie » a-t-il dit.  Selon l’ordre des pharmaciens de Côte d’Ivoire, ce marché représentait 30% des ventes de médicaments dans le pays, faisant subir chaque année au secteur pharmaceutique légal « une perte de 40 à 50 milliards de francs CFA (76 millions d’euros) dont plus de 5 milliards destinés à l’Etat ».

 

M.T

 

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