Arnaud Démare toujours à temps

Tour de France : Arnaud Démare toujours à temps

Le Français Arnaud Démare a remporté à Pau la 18e étape du Tour de France. Cette victoire au sprint, en l’absence des meilleurs spécialistes, est une revanche pour ce rescapé qui a travaillé dur afin de passer la montagne et finir l’épreuve.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, dit le diction populaire. C’est ainsi que, vue de loin, la victoire d’Arnaud Démare à Pau dans la 18e étape du Tour de France pourrait apparaître comme dévalorisée d’un point de vue sportif.

Vainqueur d’étape sur la Grande Boucle pour la deuxième fois, après un bouquet remporté à Vittel en 2017, le sprinteur de Groupama-FDJ n’a pas affronté une opposition digne du plateau traditionnel de la plus grande course du monde. Son second du jour n’est autre que Christophe Laporte, qui n’avait jamais fait mieux qu’une cinquième place…

C’est que tous les grands noms du sprint ont disparu avec le passage du peloton dans les Alpes. Les anciens – Mark Cavendish, Marcel Kittel ou André Greipel – comme les petits nouveaux – Dylan Groenewegen et Fernando Gaviria –, tous ont été contraints à l’abandon ou sont arrivés hors délais dans les étapes de montagne. Un seul monstre du sprint est passé entre les gouttes : Peter Sagan. Seulement le triple champion du monde et quintuple maillot vert du Tour avait chuté la veille dans une descente. Couvert de pansements, le Slovaque était bien présent à Pau dans l’emballage final, mais le cœur n’y était pas…

Voir les Champs-Elysées

Arnaud Démare, lui, a passé les Alpes puis s’est accroché dans les Pyrénées – selon Greipel, qui s’est ensuite excusé de cette provocation, il se serait même accroché à la voiture de son directeur sportif pour rentrer dans les délais lors de la 17e étape…

Alors Démare n’est sans doute pas le meilleur sprinteur du Tour, mais le Tour de France n’est pas une course d’un jour. Pour espérer voir les Champs-Elysées et y lever les bras, il faut savoir serrer les dents dans d’interminables ascensions et se faire peur en regardant les aiguilles du temps tourner plus vite que ses jambes autour du pédalier.

A l’arrivée à Pau, Démare a rappelé qu’il avait travaillé dur pour en arriver là, pour être ce rescapé du sprint encore capable de gagner quand ses rivaux sont déjà rentrés chez eux. Il s’est entraîné dur en montagne et a reconnu plusieurs étapes. Ce travail, il l’a effectué en grand professionnel, en se souvenant qu’en 2017, cinq jours après sa victoire à Vittel… il avait dû mettre la flèche faute d’avoir pu digérer les sept cols au menu dans les Vosges.

Source : Rfi.fr