Pourquoi l'aventure du Maroc a tourné à l'échec

Pourquoi l’aventure du Maroc a tourné à l’échec

Premier pays éliminé officiellement de cette Coupe du monde, le Maroc n’a pas démérité dans le jeu contre le Portugal. Mais il lui a manqué un petit zeste de chance pour espérer valider ses promesses.

Une attaque atone

Zéro but inscrit en deux rencontres, un bilan (in)offensif qui ne reflète pas du tout la qualité des talents dont recèle le Maroc, à commencer par Hakim Ziyech. Mais pas un vrai buteur maison. Comme lors des éliminatoires de la Coupe du monde (13 buts en 8 matches, dont 6 contre le Mali) , les Lions de l’Atlas ont coincé dans ce secteur clé. Pourtant, les coéquipiers de Boussoufa s’étaient rassurés lors des matches de préparation contre la Serbie (2-1) et l’Ouzbékistan (2-0) en mars, puis face à la Slovénie (2-1) et l’Estonie (3-1). Mais ni Khalid Boutaïb, ni Ayoub El-Kaabi, meilleur réalisateur du dernier CHAN (9 buts en 6 matches) utilisés en pointe n’ont réussi à marquer. Fatal.

Une inexpérience internationale…

Absents depuis 1998 du grand festin mondial – où cette superbe génération emmenée par Naybet et Hadji avait été éliminée dès le premier tour, les Lions de l’Atlas se présentaient sans aucun vécu sur le plan collectif dans un tournoi FIFA seniors. Leur seule référence récente ? Un quart de finale lors de la CAN 2017. On le sait, rien ne peut remplacer le vécu des grands matches de Coupe du monde, quand bien même l’équipe compte des joueurs disputant la Ligue des champions comme Medhi Benatia (Juventus Turin), voire le gamin Achraf Hakimi (Real Madrid, 19 ans).

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… Conséquence, des Lions inhibés

Attendus contre l’Iran qu’ils devaient absolument battre pour espérer passer au second tour, les Marocains se sont certainement mis la pression inconsciemment. Résultat, ils ont bégayé leur football, pourtant séduisant lors de leurs dernières sorties. À la lueur de la copie rendue contre le Portugal et malgré cette défaite éliminatoire – ils se sont créés une demi-douzaine d’occasions nettes, ce qui n’était pas le cas contre l’Iran – ils se seraient certainement imposés en mettant les mêmes ingrédients.

Une mauvaise gestion des coups de pied arrêtés

Face à l’Iran, le Maroc a concédé le seul but de la rencontre sur un coup franc dans le temps additionnel, repris de la tête au premier poteau contre son camp par Bouhaddouz. La faillite n’a pas été collective, mais individuelle. Voire tactique. Que faisait-il à cet endroit-là, cela répondait-il à une demande du sélectionneur ? Contre le Portugal, la charnière centrale Benatia-Saïss avait été modifiée, l’ancien joueur du SCO Angers étant remplacé par Manuel Da Costa (Istanbul Basaksehir). Chargé du marquage strict de CR7, ce dernier s’est trop facilement débarrassé de lui sur le corner de la quatrième minute, pour placer une tête plongeante. Une seule erreur aura suffi. Frustrant.
Source : francefootball.fr