Les commerçants du marché Forum d’Adjamé expulsés

Un litige oppose les commerçants du marché Forum d’Adjamé à monsieur Saidi Jamal Mohamed, opérateur économique et la Société ivoirienne de concept et de gestion (SICG). Ce conflit a connu un tournant dramatique ce  vendredi 2 février 2018.

Les forces de l’ordre ont procédé  ce vendredi 2 février 2018, au marché Forum d’ Adjamé,  à l’expulsion de commerçants de leurs magasins.  Et  pour cause, un litige oppose ces derniers à monsieur Saidi Jamal Mohamed, opérateur économique qui a fait construire lesdits magasins et par ailleurs président directeur général de  la Société ivoirienne de concept et de gestion (SICG). 

Selon Madame Sarah Sanogo, présidente du comité de crise, suite à l’incendie du grand marché d’Adjamé,  le maire d’alors, Pierre Amondji,  a signé en 1997 une convention de bail d’une durée de 25 ans avec cette entreprise. M. Saidi Jamal, ajoute-t-elle, a proposé en son temps aux commerçants sinistrés le financement de la construction  de leurs magasins. En retour, l’entrepreneur sera le bénéficiaire des  droits de jouissance pendant une durée 25 ans après la fin des travaux.  Le coût de rachat de ces droits variait de 5 millions FCFA  à 18 millions FCFA, précise-t-elle.

Que fut leur surprise de s’entendre dire à la fin des travaux par le promoteur, poursuit-elle, que leurs apports financiers  n’étaient en réalité que des « pas de porte ».  Ils sont sommés de payer des loyers qui oscillent entre 75 mille FCFA ET 150 mille FCFA, affirme-t-elle. « Les commerçants ont été obligés de payer ces loyers malgré eux afin d’accéder aux magasins », indique-t-elle. Et d’ajouter  que pour arriver à ses fins, M.  Saidi Jamal a créé volontairement un litige entre la SICG et les commerçants qui refusaient le statut de locataires  après avoir financé eux-mêmes  la construction du marché. 

Indignés, ils se sont réunis au sein de l’Association des commerçants propriétaires de magasins (Acoproma). Ces derniers  après plusieurs requêtes ont obtenu en 2003 un advenant à la convention de bail qui stipule de céder les droits de jouissances de la SICG aux commerçants désireux de les racheter.  Le directeur de la SICG indique aux commerçants un compte bancaire à cet effet.  Sauf que, s’indigne-t-elle, l’argent était versé sur l’un de ses  comptes personnels et non de celui de la SICG. 

Les commerçants qui ont soldé les prix des rachats, s’offusque-t-elle,  n’ont pu entrer en possession de leur bien  car l’opération n’a pas été reconnue par la SICG dont pourtant M. Saidi Jamal et le directeur général. Après une première décision de justice,  l’organisation a sollicité l’arbitrage des autorités  de tutelle et en premier lieu celui de la Primature.  Et l’affaire était  en cours jusqu’à  l’opération manu militari de ce vendredi matin. 

Les commerçants en appellent aux autorités  compétentes afin qu’une résolution en leur faveur  qu’ils considèrent comme  ‘’juste’’  soit prise.  Joint  au téléphone, monsieur Saidi Jamal nous  a référé à un de ses représentants.   Sur le lieu du rendez-vous, ce dernier  dont nous n’avons pu avoir le nom a réfuté les accusations  avant de se mettre en colère face à nos questions. Nous avons par conséquent pris congé lui.

FK