Le frère cadet du ministre saccage un bar à Adjamé

Le bar ‘’Le campus live’’ situé à Adjamé a subi la foudre du frère cadet du ministre de la Justice, Sansan Kambilé, à la veille de la fête de la Saint Sylvestre passée. Il a laissé les lieux dans un piteux état.

Les noceurs qui ont pris du bon temps au bar ‘’Le campus live’’,  sis à Abidjan-Adjamé, précisément à l’espace de loisir ‘’Le Taudjo’’, n’en croient pas leurs yeux. Pis, le propriétaire des lieux est dans une désolation et une consternation totale. Ce bar quasi flambant neuf  a été saccagé au petit matin du 31 décembre 2017 par monsieur Samy Kambilé, petit frère du ministre de la Justice Sansan Kambilé, aidé en cela par des loubards et un opérateur économique du nom de Camara Bah. Que s’est-il passé pour qu’on en arrive là ?

« Par manque de moyens financiers pour achever la construction de mon bar ‘’Le Campus’’, un projet qui m’est cher, j’ai été sollicité par Samy Kambilé, frère cadet du ministre de la justice, Kambilé Sansan et Camara Bah, propriétaire d’un bar au Plateau Dokui. Ils m’ont proposé de m’aider à finir les travaux », commence par expliquer monsieur Joël Aké dit ‘’Ajo’’ propriétaire dudit bar. Et d’ajouter que Camara Bah s’est proposé de s’occuper de la gestion du bar, vu qu’il en maîtrise déjà le fonctionnement. Le jeune entrepreneur saisit l’aubaine et une entente verbale est conclut entre les parties.

« Nous n’avons pas signé de contrat et tout s’est fait de façon verbale.  C’était juste une aide amicale. Je connais Samy Kambilé depuis des lustres. Nous étions très complices. Il a été prévu qu’au cours des 6 premiers mois d’activité, je devais rembourser la totalité de leurs investissements plus un bonus  en leur cédant les recettes mensuelles durant cette période.  J’ai ouvert le bar le 23 mai 2017 et selon notre accord, il était question que le 02 janvier 2018 j’en reprenne possession. Par ailleurs, je leur donnais leur dû chaque mois ; j’ai même encore les reçus »,  poursuit-il. Tout se passait bien jusqu’au petit matin du 31 décembre. Que ne fut alors la surprise de monsieur Aké de découvrir son bar dans un piteux état.

«  A mon grand étonnement, ce 31 décembre, juste après mon départ des lieux à 5h du matin, j’ai été informé que Samy et Camara accompagnés de loubards ont pénétré violemment dans le bar. Ils ont défoncé la porte de l’issue de secours et ont saccagé l’enceinte. Ils ont cassé tout l’intérieur. Les télévisions Plasma, les fauteuils, le matériel du disc-jockey ont été emportés. Et cela sous le fallacieux prétexte que tout ce qui s’y trouve leur appartient. Ils ont tout détruit. Ils ont même exigé de la caissière la recette du jour. Mon bureau n’a pas pu rester résister à la casse. Ils y ont pénétré et ont pris la somme de 600.000fr qui se trouvait dans mes affaires»,  déplore le jeune opérateur économique qui après constat du sinistre joint au téléphone Samy Kambilé.

Selon lui, ce dernier lui rétorque devant témoin (la caissière) que «  c’est le procureur Adou qui en a donné l’ordre avec la bénédiction du ministre de la Justice ». Sur la base de quoi ? Nul ne le sait.  Mais pour Joël Aké la vérité est : « parce qu’ils se sont rendus compte que ‘’Le campus’’ est très lucratif,  ils ont voulu me détruire pour me l’arracher ». Et pour cause, ses ‘’partenaires’’ n’ont de cesse de l’approcher avant les fêtes afin qu’il leur vende son bar.  Mais il a toujours refusé. Le jeune homme a donc décidé de porter plainte après constat d’huissiers. L’affaire se trouve devant les tribunaux compétents.

Martin Ouattara