Dr Meite Djoussoufou , Dg du Chu de Cocody : ‘’ Bientôt l’ouverture de la médecine nucléaire et du centre de radiothérapie à proximité du CHU sera un atout pour améliorer la prise en charge des patients »

A la faveur du salon MEXCI 2017, qui a eu lieu, récemment, à Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan –Cocody, le Directeur général du Centre Hospitalier Universitaire de Cocody (Chu), Dr Meite Djoussoufou s’est exprimé sur les innovations qu’il compte apporter au CHU de Cocody.

Qu’est-ce qui justifie votre présence à ce salon ?

Nous sommes présents à ce salon (MEXCI 2017) pour marquer que nous sommes d’abord partenaires, ensuite, c’est un évènement interne organisé par le Ministère de la santé de Côte d’Ivoire.

C’est également une plate-forme tournante pour rencontrer nos partenaires qui sont les laboratoires, toutes les industries qui travaillent dans le monde de la santé notamment les équipements, les médicaments. Par ailleurs, cet évènement permet de tisser des échanges avec ceux qui épousent notre vision.

La réalité est que nous avons suffisamment de potentiels mais pas assez de ressources dans les structures publiques, et ce salon nous permettra d’avoir une large ouverture d’esprit. En termes de positionnement, nous savons que les CHU sont au sommet de la pyramide sanitaire et sont au niveau 3 avec le plateau technique qui va s’enrichir bientôt en plus du positionnement stratégique, il y a la qualité du management qui est participatif et les valeurs des ressources humaines en matière de soins. Ces réalités ne pouvaient pas exister au CHU sans que nous ne puissions prendre part à ce salon riche d’échanges et d’informations.

Disposez-vous d’un plateau technique performant ?

Oui, même si on peut toujours faire mieux . Nous disposons des spécialités classiques en matière de la Médecine, Chirurgie, Obstétrique (MCO) à savoir ce sont les médecins bien formés, les blocs opératoires et services d’aide au diagnostic: Laboratoire et imagerie médicale.

Le CHU dispose de 13 blocs opératoires avec plus de 300 médecins dans différentes spécialités à l’exception de la chirurgie cardio-vasculaire, la neurochirurgie.

Nous envisageons la vulgarisation de la vidéo chirurgie en obstétrique, digestive et urologie.

Nous sommes dans une démarche d’amélioration continue et d’innovations avec l’acquisition de nouveaux équipements en tenant compte de l’avancée de la technologie. Cependant le défi de la maintenance reste entier et nous l’intégrons dans une politique d’achat responsable et ou de mise à disposition des équipements.

Aussi, sommes-nous en passe de mobiliser l’ensemble des acteurs hospitaliers à s’impliquer autour de cette nouvelle feuille de route car nous voulons faire du CHU de Cocody, la vitrine de la qualité dans la sous région.

Donc, affirmez-vous que ces innovations sont-elles faites en vue d’améliorer la qualité?

Oui, car la qualité est un processus ; c’est une démarche d’amélioration continue et tout part de la formulation de ce qu’il y a à faire, de se mettre d’accord sur ce qu’il y a à faire en passant en revue toutes nos activités, en tenant compte de nos forces et faiblesses, ensuite s’efforcer de mettre en œuvre ces grandes orientations et référentiels et enfin d’évaluation la mise en œuvre pour ajuster ou corriger. C’est ce qui résume le processus d’amélioration de la qualité de nos prestations.

C’est tout ce contexte qui va constituer notre projet médical qui sera bien structuré afin que cela soit une réalité. Il faut également tenir compte de la gestion des hommes, de la gestion financière et de la gestion des matériels car une chose bien planifiée peut prendre forme et un diagnostic d’évaluation continue à chaque étape de notre progrès est nécessaire si l’on veut atteindre nos objectifs.

Qu’est que vous êtes venus présenter à ce salon ?

Nous sommes venus présenter le CHU de Cocody et nos actions .Nous sommes venus communiquer avec le monde extérieur afin que les gens nous comprennent mieux, qu’ils aient une autre vision des CHU et aussi nous sommes venus tisser des partenariats car nous n’avons pas assez de moyens, de ressources ce qui fait que nous sommes limités.

Rencontrez-vous des difficultés à recruter des ingénieurs bio-medicaux locaux?

Nous étions entrain de rédiger ce que nous appelons le PEH. Le Projet d’Etablissement Hospitalier qui intègre la gestion du matériel et du personnel. Les moyens et ressources à mobiliser pour l’atteinte de nos objectifs et les buts de cette politique qui doit être écrit. Cela sera une feuille de route impliquant tout le monde. Car tout le monde doit être d’accord avec cette vision ; elle ne doit pas être la seule vision de la direction. Le défit de la maintenance s’impose à tous les centres des santés.

Malgré le manque de ressource qui n’est pas propre qu’aux hôpitaux. De gros investissements sont réalisés par le Gouvernement comme par exemple « Le premier centre de radio-thérapie de diagnostic et de traitement des cancers est implanté au CHU de Cocody avec des équipements de pointe qu’on n’avait pas encore en Côte d’Ivoire et exceptionnels pour la sous région.

Le problème, c’est l’innovation, faire davantage avec peu de moyen. Avec une démarche cohérente, nous allons identifier et adresser les réels problèmes. On a des ingénieurs biomédicaux avec un effectif acceptable qu’il faut utiliser raisonnablement.

Nous devons avoir une politique d’achat responsable. Ce qui veut dire que dans nos DAO, nous devons inclure les exigences de la maintenance qui passent par la formation de nos biomédicaux. Nous voudrons que le fabricant forme les utilisateurs et nos biomédicaux à la maintenance des appareils que nous achetons. C’est pourquoi, très prochainement l’un de nos biomédicaux ira se former chez un de nos fournisseurs en chine sur la maintenance des respirateurs.

Dans notre nouvelle approche, nous ne payons pas l’équipement mais plutôt l’intrant avec le fournisseur. Un CHU, c’est près de 80.000 malades par an, 400 voire 500 lits. Dites-moi, quelle est la structure publique ou privée ici en dehors des CHU qui a tant de lits ? Un CHU, c’est 1400 agents voire plus.

Dites-moi quelle est la structure publique ou privée qui détient davantage de moyens de production que nous ? Arrêtons de penser que les CHU sont pauvres ou sous équipés. En effet, les CHU sont la voie idéale et le moyen idéal de pouvoir tirer vers le haut le système hospitalier et le système de santé de nos pays.

D’ailleurs, vous allez partir en France pour moi qui a l’un des systèmes de santé les plus efficaces malgré quelques soucis. Ce sont les hôpitaux publics qui tirent le système. Je ne veux même pas faire de la politique mais tous ceux qui vont en France pour se faire soigner vont dans les hôpitaux publics.

On ne va pas en France en clinique, on va dans les hôpitaux publics. Et, je pense que c’est l’orientation du Ministère de la santé. Le premier centre radio-thérapie de diagnostic et de traitement des cancers sera implanté au CHU de Cocody avec des équipements qu’on n’avait pas encore en Côte d’ Ivoire et qui n’existe pas au privé. Il faut ajouter à cet effort du gouvernement Bientôt l’institut de médecine nucléaire.

Qu’entendez-vous par médecine nucléaire?

On entend en général nucléaire quand on parle de bombe mais on peut aussi utiliser ces éléments radio-actifs en médecine pour traiter mais avant tout pour faire le diagnostic. Et cela sera au CHU de Cocody mais ne mettons pas le CHU de Cocody devant parce qu’on a aucun mérite que ces instituts y soient ; le mérite revient entièrement à l’Etat de Côte-d’Ivoire, au gouvernement ivoirien et surtout au ministère de la santé parce qu’il faut rendre à César ce qui est à César.

C’est pour mettre en avant toutes les structures publiques. Pour dire que la présence du CHU de Cocody dans ce salon c’est de présenter une nouvelle image du CHU de Cocody . L’ensemble du personnel du CHU est engagé à faire en sorte que la prise en charge sanitaire des Ivoiriens se fasse dans les conditions les plus optimales possibles et de qualité avec des résultats conséquents.

Comment se fait la réception d’un malade qui souhaite bénéficier des soins au Chu de Cocody ?

Votre question est pertinente. Il faut savoir qu’on a deux grandes portes d’entrée au CHU de Cocody. On a les consultations externes : cela se prend sur rendez-vous. Vous prenez rendez-vous et une fois programmé vous venez.

Je rappelle qu’avec le gouvernement, nous sommes un centre pilote de la dématérialisation des procédures administratives, on parle des solutions e-démarches administratives.

Donc rendre l’administration impersonnelle, faire en sorte que ce n’est pas parce que vous connaissez Pierre ou Paul que vous pouvez avoir facilement un rendez-vous ou vous pouvez être pris en charge. Non, l’administration, c’est pour tout le monde. Et le CHU de Cocody, aujourd’hui, nous sommes en passe d’expérimenter, grâce à cette démarche administrative, la prise de rendez-vous par internet. Vous allez sur le site du CHU de Cocody, vous prenez rendez-vous et vous recevez un sms de la confirmation de votre rendez-vous.

Lorsque vous êtes à quelques heures du rendez-vous, vous recevez une alerte. Donc, il y a un suivi après, à partir d’internet. Et cela, c’est dans le but d’améliorer la qualité. Nous allons grâce au service de communication faire en sorte qu’il y ait une gestion de la file d’attente pour la réduire. On dure à l’hôpital parce qu’on reçoit un grand nombre de malades, surtout dans les CHU parce que nous sommes le dernier recours.

D’ici à 2030, la population ivoirienne et surtout d’Abidjan sera plus de 9 millions. Aujourd’hui, nous sommes 5 et 6 millions d’habitants et ces CHU datent de 1970 donc il y a besoin que ces structures soient augmentées.

Je me plains souvent de dire sans triomphalisme que depuis plus de 30 ans, il a eu très peu d’investissement dans la santé. C’est seulement ces 10 dernières années qu’on enregistre un maximum d’investissement. Mais en même temps, on ne peut pas rattraper un retard de 30 ans en 10 ans quelle que soit la bonne volonté des gens. Mais il faut reconnaître la dynamique en cours, comme la Ministre de la santé l’a affirmé, nous avons un système de santé en plein essor.

Les choses ne sont pas entrain de régresser mais plutôt d’avancer dans le bon sens. Même si beaucoup de choses restent à faire, il faut reconnaître que beaucoup a été fait ; c’est de cela qu’il s’agit. La deuxième porte d’entrée mais la première en terme d’importance ce sont les urgences, c’est là qu’on pourrait avoir quelques soucis parce que celui qui vient aux urgences pense que sa situation de santé est précaire et qui nécessite d’être vu par un médecin ; c’est donc une urgence subjective.

Nous, corps médicaux, nous devons trier parmi les urgences, prendre non plus le premier venu mais le plus urgent. Et c’est le corps médical qui est en même de trier le plus urgent.

Il ne devrait pas avoir de copinage. En tant que Directeur, on m’appelle souvent pour me dire qu’on doit évacuer un frère, un ami, un proche et donc il faut intervenir ; mais souvent nous n’intervenons pas. Nous avons des objectifs à atteindre. Au niveau des urgences tout malade qui arrive doit être pris en charge.
Aussi, il ne doit pas être imposé la contrainte paiement direct.

Nous sommes en poste-paiement dans nos urgences. Vous pouvez venir vous n’avez pas d’accompagnant les premiers soins vous seront donné. Nous nous sommes fixés encore comme objectif 4 h maximum pour qu’on vous dise ce que vous avez. Le diagnostic doit pouvoir être fait en 4 h en termes de bilan. En termes d’analyse physique ? On ne vous parlera d’argent qu’après 12 h et tout cela c’est pour donner la chance à tout le monde de recevoir les premiers soins.

Il y a un élément sur lequel nous avons communiqué ; c’est le chariot d’extrême urgence. Ce chariot d’extrême urgence, aujourd’hui, a une grosse problématique ; c’est son financement. Mais des efforts sont faits d’abords par le ministère qui nous appuie par des médicaments. On a un appui institutionnel à ce niveau pour alimenter ce chariot.

Deuxième chose, nous voyons des sociétés responsables des gens qui veulent bien nous accompagner pour pouvoir mettre le minimum qu’il faut pour permettre au Médecin de poser le geste qui sauve avant de parler de quoi que ce soit. Et ce chariot est en cours d’expérimentation déjà depuis Mai 2017.

Mais le défi majeur, c’est la disponibilité à 100% .C’est vrai qu’actuellement, c’est un rêve d’avoir des médicaments à100% à l’hôpital mais cela aussi est un défi. On est pas encore à 100% c’est vrai, mais c’est notre objectif pour qu’un malade qui arrive ne soit pas obligé d’aller dans une pharmacie privée.

On ne peut pas laisser un malade qui arrive et à qui on tend une ordonnance pour courir, et à 22h ; 23 h chercher une pharmacie de garde, c’est inefficace. Nous travaillons en termes d’efficacité de la prise en charge. Donc, si nous voulons 4h pour faire le diagnostic, il faudrait que nos laboratoires et nos radios fonctionnent.

Nous avons des défis mais je pense que ce n’est pas parce que les choses sont difficiles, c’est plutôt parce que nous ne faisons rien que les choses sont difficiles. Mais je veux dire qu’on ne va pas nous accuser de rêver, de tenter de faire les choses. On va nous accuser de ne rien faire.

Quelle est la fréquence de consultation au Chu de Cocody ?

Vous posez en fait une grosse problématique ; c’est la question de la détermination des normes. Et ce défi nous sommes entrain d’essayer de le relever en impliquant tout le monde parce que la grosse problématique chez nous c’est que nous n’avons pas de norme ou nos normes ne sont pas suffisamment connues.

Dire qu’on n’a pas de normes cela serait quelque peu hasardeux. Combien d’infirmiers par lit ?combien de patients en consultation en moyenne par médecin ? C’est un consensus parce que les normes sont arrêtées de façon consensuelle et ce n’est pas le directeur que je suis qui se mettra dans son bureau pour dire voici la norme ; faut que tous les acteurs se mettent d’accord sur ce qui est humainement possible. Et c’est ce que nous faisons dans le projet de soin.

D’abord dans le projet médical, aujourd’hui, nous sommes suivis par un expert Français dans la rédaction de ce projet d’établissement grâce à la tutelle car la tutelle fait assez de choses. Nous rédigeons ce document qui est une feuille de route qui va dresser toutes ces questions.

Quels projets de soins ? Sur quels principes ? Sur quelles normes ? Est-ce qu’il faut laisser les infirmiers venir une fois par mois à l’hôpital, se retrouver ailleurs et dire après qu’on n’a pas d’infirmier ?Est-ce qu’il faut mettre un infirmier pour 15, 20 lits alors qu’on sait que qu’un infirmier quelle que soit sa bonne volonté ne peut pas surveiller 15, 20 lits.

Donc, si nous avons l’objectif d’avoir des soins de qualité, il faut que tout le monde s’assoie pour dire qu’est ce qui est faisable en tenant compte de nos réalités donc on sort des normes.

Et à partir de cet instant, l’administration peut évaluer. Donc, la reconnaissance du mérite est un axe de notre politique. D’ailleurs, nous avons confié cette tache à un de nos collaborateurs, Dr Kouassi, qui mène ce projet de sorte qu’on puisse avoir un cadre d’évaluation du personnel avec reconnaissance du mérite. Il ne faut pas juste taper sur le personnel, il faut le motiver, l’encourager quand il travaille bien.

A vous entendre, vous laissez penser un probable prix d’excellence ?

Oui, mais ces prix existent déjà au niveau de la tutelle de l’État. Nous allons essayer de dégrader au niveau interne. Encore une fois ce n’est pas le Directeur qui désigne, c’est eux qui le font. Nous, notre rôle, c’est de donner le cap de dire dans quelle direction nous allons. Il y a plusieurs étapes.

D’ailleurs, nous sommes en pleine réflexion où tout le monde participe au management participatif. Nous nous sommes fixés comme orientation stratégique la mise en place d’un cadre d’évaluation du personnel. L’infirmier valide sa fiche de poste et son supérieur hiérarchique signe. Donc, tout le monde connait son rôle. A partir de cette fiche nous sortons un contrat d’objectif et de moyen qui est un outil d’évaluation. Après il y a une autocritique à faire.

La deuxième chose est ce que les conditions de travail sont optimales .Mais quand vous répondez non vous apportez tout ce qu’il faut pour faire son travail tout en étant réaliste et pragmatique. Pour répondre, un infirmier ou un agent qui ne va pas atteindre ces objectifs, il y aura une remise en cause. Et s’il y a une faute, une irresponsabilité, il y aura des sanctions ; il sera mis à la disposition de la DRH. En tout cas, il ne sera plus dans notre système.

Quel est votre vision pour le Chu de Cocody et la population ?

Notre vision c’est de faire du CHU de Cocody la vitrine de la qualité en Cote d’Ivoire mais plus, dans la sous région. C’est un rêve mais ce rêve peut être réalisé. La semaine dernière on a reçu des malades venant du Benin, du Togo pour se faire opérer au CHU de Cocody.

Donc la vision d’être un top de la qualité dans la sous région peut se réaliser. Dans la formation, des étrangers viennent se former en Côte d’Ivoire donc on peut être un top dans la qualité des soins. C’est cela notre vision et nous voulons partager notre vision.

Dire aussi à la population que le CHU se veut un établissement socialement intégré. Ca veut dire que nous devons tenir compte de leurs attentes avec la politique de communication externe que nous menons.

D’ailleurs, quand vous arrivez au stand du CHU de Cocody il y a 5ou 6 questions auxquelles vous pouvez répondre. Recueillir vos attentes parce qu’il ne faut pas avoir peur de la critique ; pour moi, c’est une opportunité pour nous de nous enrichir de nos erreurs.

Donc, on vous doit des comptes et on réfléchit à la possibilité qu’il est une plus forte participation communautaire dans la gestion des CHU.

Brou Wilson

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