l’école ‘’Les pieds dans la marre’’

Danse contemporaine / L’ambassadeur du Canada visite l’école ‘’Les pieds dans la marre’’

Que mijote en ce moment la chorégraphe Jenny Mezile, fondatrice et directrice de l’école de danse ‘’Les pieds dans la mare’’ ? C’est cette interrogation que se font les habitants du quartier Bracodi à Adjamé, un lieu très redouté, où seuls les égarés peuvent s’y rendre. Et qui est la hantise des autorités et de ceux qui se disent avoir été visité par le vent de la réussite.

En effet, le 4 juillet dernier, l’ambassadeur du Canada, son excellence Julie Shouldice a bravé les préjugés et est venue contempler le travail qu’abat ce centre de formation artistique, créé par Jenny Mezile. Cette visite bienfaitrice et professionnelle, est selon la responsable de l’école, « une suite logique à la rencontre de la délégation du Canada invitée au Masa 2018.

Qui avait fait le déplacement à Bracodi-Bar. Elle avait recommandé à son ambassade de découvrir le travail fait avec les jeunes du ghetto de ce quartier ». La suite selon elle, a abouti à la visite.

« La délégation avait reconnu unanimement le grand intérêt et la qualité que représente la pièce, ‘’Ma vie en rose’’. Par la suite, lors d’une réception chez l’ambassadrice, elle et moi avions sympathisé. Elle a promis de me visiter et voici qu’elle tient parole ».

Pour recevoir la prestigieuse hôte, la compagnie a joué un bout de la pièce qui a charmé la délégation. Le contenu est un extrait de l’œuvre : « Ma vie en rose ».

Qui traite du séisme haïtien et de la guerre passée en Cote d’Ivoire. Un autre extrait de la toute nouvelle création de la compagnie « Popodipo » en hommage aux victimes de l’attentat de Grand Bassam, dont en est morte la directrice du Goethe Institut d’Abidjan, Henrike Grosh, a été présenté à l’ambassadrice.

La chorégraphe décrit ainsi à ses invités, les sillons d’une histoire à double douleur, qui l’a inspirée. Après avoir suivi avec émotion les scènes, Mme l’ambassadrice a posé d’énormes questions sur le social et le temps de la formation. Du fait de l’évidente qualité de leur danse, elle s’est également renseignée sur les conditions de vie des danseurs.

Sans promettre des lendemains qui chantent, son excellence les a néanmoins encouragés à continuer leur travail, qui au bout produira de bons fruits.

« Le Canada n’avait pas auparavant établi trop de ponts avec les artistes ivoiriens. Mais maintenant ça commence à changer. J’y travaille », a annoncé l’ambassadrice.

Un huis clos tenu entre les deux dames, va assurément nous révéler, on l’espère pour bientôt, le réel engouement que donne la première responsable du Canada en Côte d’Ivoire, à la compagnie ‘’Les pieds dans la marre’’.

Ouattara KOFFI