Boxe: l’école camerounaise, locomotive africaine

Takam, M’Bili, Fokou, etc., les boxeurs camerounais ou d’origine camerounaise s’illustrent depuis dernières années sur le plan mondial. Derrière cette réussite, il y a une vocation à la base, mais surtout une rage et un mental hérités de la rue alors que la Fédération camerounaise de boxe se bat au quotidien pour faire vivre cette discipline.

Le 14 décembre dernier, Christian M’Billi, né à Yaoundé, remportait son septième combat professionnel avec un septième K.O, en autant de sorties. Face au Polonais Robert Swierzbinski, le champion d’Europe juniors (poids moyens en 2013) et champion de France amateurs en (2015) confirmait tout son potentiel qui devrait le mener, selon plusieurs observateurs, à un titre de champion du monde d’ici trois ou quatre ans. Surtout, M’Bili confirme la tendance selon laquelle les boxeurs camerounais ou d’origine camerounaise sont ceux du continent africain qui s’illustrent le plus au niveau mondial.
Le 28 octobre, Carlos Takam était opposé à la star mondiale des poids lourds, le Britannique Anthony Joshua. En mars dernier, Arsène Fokou devenait le premier boxeur africain médaillé(bronze) chez les poids lourds, aux Championnats du monde amateurs, qui avaient vu la participation record de cinq combattants venus du Cameroun.
Avant eux, les boxeurs d’origine camerounaise, Hassan Ndam (naturalisé français) et Bikamba Sakio (naturalisé australien), avaient déjà écrit leurs noms dans l’histoire de la boxe mondiale en devenant champions du monde. N’Dam chez les poids moyens en 2012 (WBO), Sakio en 2013 chez les super-moyens (WBC).
Existerait-il une école de boxe camerounaise alors ? En tout cas, la vocation est née il y a longtemps après les deux premières médailles olympiques décrochées par Joseph Bessala aux JO de Mexico en 1968 (argent) et Martin Ndongo-Ebanga à Los Angeles en 1984 (bronze).

« Ces deux boxeurs sont considérés comme des héros, ils ont ouvert la voie », confirme le Secrétaire général de la Fédération Camerounaise de Boxe, Basile Kalong. Pour lui, deux choses expliquent également la « rage » et la réussite des Camerounais dans la boxe. «Les Camerounais ont une force physique naturelle et surtout un gros mental, explique Kalong. Tous les bons boxeurs camerounais ont vécu dans la désuétude et connaissent ce que veut dire sacrifice, douleur ».
L’entraîneur national Alain-Didier Ngatcha n’en pense pas moins. « Nos boxeurs ont un moral de fer parce qu’ils ont rencontré toutes sortes de difficultés dans la vie avant de commencer la boxe. C’est pour cela qu’on les recrute dans la rue, déclare le technicien camerounais. Après, il faut les façonner dans la technique et la tactique, parce que la puissance, ils l’ont déjà ».
Obligés de combattre sous un autre drapeau
Celui qui a consacré sa « vie à la boxe » estime aujourd’hui que si le noble art ne peut rivaliser avec le foot, il est actuellement la discipline qui donne le plus de résultats au sport camerounais. « Depuis 2014, on ne fait jamais de compétition sans revenir avec une médaille », affirme-t-il. Pour autant, les moyens manquent pour une Fédération qui compte près de 200 licenciés disputant les compétitions nationales. « A part le financement quand on va en compétition, nous n’avons pas de subvention de la part de l’Etat. Ce sont les membres de la Fédération, le président et le vice-président surtout, qui mettent parfois leur propre argent pour le fonctionnement quotidien de la structure », déplore Kalong.
Les découvreurs et les formateurs de la boxe camerounaise pourraient même se sentir frustrés quand leurs anciennes pépites brillent sur le plan mondial avec une autre nationalité que celle de leur pays de naissance. « Il n’y a ni déception, ni rancœur, jure pourtant Basile Kalong. Nous comprenons leurs motivations. Au Cameroun, la boxe ne paye pas. On ne va pas leur en vouloir parce qu’ils veulent assurer leur vie, leur carrière, en choisissant de combattre pour un autre pays ».
En attendant, les forçats de la boxe camerounaise continue de travailler dans un vieux hangar « qui date de l’époque coloniale » avec passion et avec la satisfaction de voir leurs combattants briller en Afrique et dans le monde.

SOURCE : Rfi.fr

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