Akaa, la foire d’art contemporain autour de l’Afrique qui monte

« Also Known As Africa », la version longue du nom de la foire a déjà laissé la place à son acronyme à la sonorité percutante. Un an après son lancement, l’Akaa est devenue la coqueluche de l’art contemporain autour de l’Afrique, une scène déjà très effervescente.

La foire ouvre ce vendredi 10 novembre ses portes, avec 38 galeries provenant de 19 pays, dont 5 nouveaux pays du continent africain. Entretien avec Victoria Mann, la fondatrice et la directrice de ce rendez-vous devenu incontournable.

RFI : Cette deuxième édition de l’Akaa est dédiée au sculpteur mondialement connu Ousmane Sow, décédé il y a un an. Cet hommage est-ce le signe que vous ambitionnez pour l’Akaa de devenir aussi décisif et populaire que l’artiste sénégalais ?

Victoria Mann : Oh là là, c’est une question chargée [rire]. Oui, cette édition est dédiée entre autres à Ousmane Sow. Effectivement, c’est un modèle de réussite et d’humilité pour nous.

Donc on le suivra dans ses pas le plus humblement et du mieux qu’on pourra. Et évidemment, on espère de devenir de plus en plus connu et respecté comme ce grand artiste. Je pense qu’on est tout à fait en train de le devenir et nous n’oublierons jamais une inspiration comme lui.

La première édition de l’Akaa était un très grand succès avec 15 000 collectionneurs et amateurs d’arts présents. En plus, la France a vécu cette année un engouement extraordinaire pour l’art venu d’Afrique. Pourrait-on dire que l’Akaa d’aujourd’hui n’est plus l’Akaa que vous avez conçu il y a deux ans ?

Oui et non. Elle n’est plus la même, parce que, évidemment, toute scène artistique évolue avec son temps. Notre but, d’édition en édition, est de présenter ce qu’il y a de plus innovant, le plus nouveau, le plus excitant sur ce marché.

Mais l’Akaa reste la même, parce qu’on reste fidèle à notre vision, à notre message, à cette notion d’Afrique plurielle et d’artistes contemporains avant tout qui sont fédérés autour cette thématique de l’Afrique.

L’Afrique du Sud et le Maroc présentent le plus de galeries à l’Akaa. Ces deux pays restent-ils les plus grands marchés et les leaders sur le marché de l’art en Afrique ?

Il y en a d’autres qui apparaissent aujourd’hui et il faut porter un œil sur ces marchés. On peut mentionner des villes comme Lagos, Abidjan, Accra et même Harare qui, malgré des climats, des paysages politiques et sociaux compliqués sont des scènes très dynamiques.

Des infrastructures artistiques se développent un peu partout en Afrique, justement portées par le fait que les frontières se dissipent tant entre l’Afrique du Sud et le Nord de ce continent qu’entre l’Afrique du Nord et le Sud du continent.

En 2016, l’Akaa comptait 30 galeries, dont 13 africaines. Pour l’édition 2017, avez-vous gardé la même proportion entre galeries africaines et non africaines ?

En 2017, nous avons 38 galeries et nous avons conservé un équilibre avec 19 galeries d’Afrique qui vient du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest. Il y a de nouveaux pays représentés comme la Tunisie, la Côte d’Ivoire, l’Ouganda, le Sénégal et l’intégration – avec l’Angola – de l’Afrique lusophone dans cet éventail de galeries africaines.

Donc, cette année, la moitié des galeries et la dynamique du marché de l’art viennent de l’Afrique ?

Effectivement, notre intuition et notre but sont que ce n’est pas une foire européenne pour l’Afrique. C’est une foire internationale. On travaille avec des acteurs du monde entier, avec des acteurs du continent, avec des Européens, avec des Américains.

Tous ensemble, on arrive à créer un événement comme Akaa. Donc la présence de ces acteurs en Afrique est indispensable à la réussite de cette foire.

Angola et Ouganda font partie des nouveaux arrivés. Quelle est la situation des galeries et du marché de l’art dans ces pays ?

Ce sont des pays où les infrastructures artistiques sont encore timides, mais se développent de plus en plus. Cela grâce justement à des acteurs rassemblés ici et qui rebondissent sur nos plateformes internationales pour pouvoir continuer à travailler localement et agrandir ces infrastructures artistiques : tant au niveau de construction de générations de collectionneurs, de pouvoir d’achat, qu’au niveau institutionnel avec des résidences, des fondations, des institutions…

Le but est naturellement qu’un jour les gouvernements suivent et s’intéressent à ces scènes artistiques en développant des ministères et des structures gouvernementales.

Au démarrage, votre but était de devenir la première plateforme commerciale et culturelle mettant en valeur l’art contemporain d’Afrique à Paris. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Je pense que c’est un pari qui a été remporté puisque l’Akaa existe pour la deuxième fois. Nous restons le rendez-vous annuel parisien pour ce marché de l’art contemporain de l’Afrique. Et nous comptons à le rester pour bien des années à venir.

Qu’est-ce qui a changé le plus par rapport à la première édition ?

Sur cette deuxième édition, je suis ravie de voir nos galeries prendre plus de risques par rapport au type d’œuvres montrées, par rapport aux médiums présentés au public.

Il y a une nouvelle confiance de ces galeries et ces artistes. On n’est plus en train de tester la scène parisienne, on sait qu’elle est intéressée. Donc, maintenant, on entre vraiment dans le vif du sujet.

La création du musée Zeitz Mocaa au Cap, en Afrique du Sud, en septembre dernier, a-t-elle changé la donne pour les galeries présentes à l’Akaa ?

Je ne crois pas tout à fait. Néanmoins, je pense qu’il a un rôle très important à jouer dans ce paysage artistique global. Et nous comptons beaucoup sur cette institution à échelle MoMa (Museum of Modern Arts à New York) et Centre Pompidou, pour fédérer encore plus le monde autour de cette scène contemporaine.

Source : Rfi.fr

 

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