Abidjan / un gala d’artistes chinois pour célébrer la Fête du printemps

(Xinhua) — Un grand spectacle culturel animé par la troupe artistique de la province chinoise du Henan, composée du théâtre de chant et de danse de Zhengzhou et du temple de Shaolin du mont Song, a constitué mercredi le point focal de la célébration à Abidjan de la Fête du printemps, le Nouvel An chinois.

Dans la grande salle du Palais de la Culture d’Abidjan, autorités ivoiriennes et chinoises, public ivoirien de tous rangs et ressortissants chinois venus en grand nombre, ont eu droit à un spectacle original et haut en couleurs.

La soirée s’ouvre sur « les réjouissances », une danse en guise de présentation qui allie force et grâce avec sur le podium les moines du temple de Shaolin tout de jaune vêtus et les belles jeunes filles du théâtre de danse et de chant de Zhengzhou.

Petite pause. Et, pour marquer l’amitié sino-ivoirienne, place est faite à l’humoriste ivoirien Joël, l’un des présentateurs de la soirée, pour raconter une histoire drôle qui arrache un fou rire dans la salle.

L’artiste reviendra plus tard pour montrer son talent de chanteur en interprétant, sous des ovations nourries, une chanson populaire chinoise et un opéra.

Puis, revoilà les moines : boxe d’imitation du singe, du crapaud, de la mante religieuse, du tigre, du serpent, du canard, maniement du fouet, du fauchon, de la longue épée, du bâton….

Tout y passe pour illustrer les armes des moines Shaolin, leurs techniques, leur force mais également la finesse des arts martiaux.

En cinq actes, les moines de Shaolin gratifient le public de postures, de mouvements, de gestes à couper le souffle.
« Waow! ils sont impressionnants », « ils sont trop forts », « bravo », peut-on entendre à chaque passage alors que la salle applaudit à tout rompre.

Quand vient l’instant où un moine Shaolin brise une brique avec la main, perce une plaque de verre avec une aiguille, casse une plaque d’acier avec la tête ou encore quand il laisse soutenir tout son corps sur quatre lance sans la moindre égratignure, c’est la stupéfaction.

« Il n’y a pas de mot pour dire ce que je vois, ce n’est pas la sorcellerie ça ? », s’interroge, ébahi, un spectateur.

« C’est comme dans les films de karaté qu’on regarde au cinéma », s’écrie un autre, émerveillé. Avant d’ajouter : « donc ce ne sont pas des mensonges, les scènes de karaté qu’on voit dans les films chinois ? ».

Son voisin se charge de lui répondre : « ce que tu vois là ce n’est pas un film, c’est la réalité ».
Outre les arts martiaux, la troupe de la province du Henan a une autre richesse dans son sac, avec les radieuses chanteuses et danseuses du théâtre de Zhengzhou qui envoûtent le public.

En cinq actes également, que ce soit avec la danse collective, avec l’opéra de Yu ou l’opéra chinois, la troupe fait vibrer le public grâce à la belle voix de la chanteuse, Liu Wenhui, et par les mouvements gracieux et majestueux, dans un ballet bien orchestré, des danseuses.

La soirée s’achève au rythme de « la brillance des étoiles », une danse qui réunit comme à l’ouverture, moines, chanteuses et danseuses dans un tableau coloré fait de finesse, de souplesse, de beauté, de force et d’assurance.
Pour l’étudiant Diarra Souleymane, « c’était extraordinaire, point n’est besoin d’être Chinois pour apprécier la beauté et l’originalité du spectacle ».

« Ce fut un voyage en Chine tout en étant à Abidjan, simplement merveilleux », commente un autre étudiant.
La soirée a été présidée par l’ambassadeur de Chine en Côte d’Ivoire, Tang Weibin, et le directeur de cabinet du ministère ivoirien de la Culture, Fausséni Dembélé.

M. Tang a expliqué que le Nouvel An chinois signifie l’avènement du printemps, prédit le réveil de la nature et est donc une fête remplie d’espérance et des aspirations du peuple chinois pour une vie plus heureuse et plus belle.

Il a ajouté que cette année, le festival du Nouvel An chinois porte un sens spécial car il inaugure la célébration du 35ème anniversaire des relations diplomatiques sino-ivoiriennes.

« La Chine et la Côte d’Ivoire sont déjà devenus de bons frères et de bons partenaires et les coopérations bilatérales dans les secteurs politique, diplomatique, économique, militaire et culturel sont très approfondies et fructueuses », a poursuivi M. Tang.

L’ambassdeur chinois a annoncé des « activités diverses et colorées » qui seront organisées cette année conjointement par les deux parties pour approfondir davantage la coopération et les échanges entre les deux pays dans tous les domaines et à tous les niveaux, et promouvoir ainsi les relations amicales et la coopération bilatérale à un niveau encore plus élevé.

« La Chine reste un partenaire essentiel pour la Côte d’Ivoire et son apport est inestimable dans la mise en oeuvre de son programme national de développement, ce qui contribue de manière significative à promouvoir et à approfondir la coopération déjà excellente entre les deux pays », a renchéri Fausséni Dembélé.

Il en veut pour preuve l’accord de coopération signé avec la Chine en 1992 dans le domaine de la culture qui traduit « très bien la fluidité d’une coopération culturelle au bénéfice de chacun des deux pays signataires de l’accord ».

« Ce programme à visage humain accroit les perspectives entre acteurs culturels et montre clairement que malgré la distance, la Côte d’Ivoire et la Chine s’engagent à la qualité, au dynamisme et à la performance de leur coopération culturelle, socle du développement auquel aspirent les deux pays frères », a conclu le directeur de cabinet du ministère ivoirien de la Culture, non sans rappeler que le Palais de la Culture d’Abidjan est un don de la République populaire de Chine.